Renaissance

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Membre de la Société des Poètes Français https://unoragesouslaneige.fr Je braconne le vent entre les herbes folles qui tapissent mon sol d'un feutre de silence  [+]

Image de Été 2018
Je me souviens d'un carrousel,
Un manège de petits chevaux ;
Il y avait contre ma peau,
Comme un goût de sel ;
Te rappelles tu ces étourneaux...
Te souviens tu du ciel...
J'ai tout oublié sinon 
La jeunesse de ta peau...
Et ton regard qui s'enfuyait,
Tandis que tournaient les chevaux.

Il y avait une fontaine,
Éclaboussée par le soleil,
Et notre peine qui se berce,
Au rythme lent d'un carrousel.

Il y avait de longs murs gris,
Où l'ombre d'un vol d'hirondelles,
Sans froisser le ciel dans leurs cris,
S'en venait s'écorcher les ailes.

Il y avait ton regard bleu,
Mes veines s'y cognaient un peu ;
Mon affluent buvait à tes sources,
Sous l'opprobre d'un berceau de feu.

Un manège de petits chevaux,
Qui traînent un carrosse,
Avec du vide sous leurs sabots ;
Et le silence
Et le silence,
Qui ne traîne,
Pas l'ombre d'un mot.

À l'ombre d'un sapin,
Ma peine allongée,
Tient entre ses mains,
Des morceaux déchirés ;
Des petits bouts de rien,
Une carte postale, aux couleurs automnales;
Une photo d'identité, aux recoins écornés.

Je l'ai serrée si fort, qu'elle s'est un peu froissée ;
Des sirènes ont dansé,
Sur un tapis bleuté,
Emportant avec elles,
Les étoiles de nos nuits d'été.

Si aujourd'hui je me souviens,
C'est simplement pour que demain,
Le manège de petits chevaux,
Ne traîne plus le vide
Sous ses sabots.

Pour toi je caresse le soleil,
Entre des murs de pierre, cernés de volets bleus,
J'entrouve les persiennes,
Le jour s'infiltre peu à peu.

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