Renaissance

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Sur le palier étroit d'une vie de misère
Une lampe fragile s'accroche à la lumière
Sa langue vacillante cherche son second souffle
Elle tente d'échapper au carcan qui l'étouffe

Dans ce couloir glacé, désespéré, sinistre
Où flotte un parfum aigre de solitude rance
Une ombre cahotante à la démarche triste
Recherche, pathétique, une issue à l'errance

Une poussière, un grain, un signe d'espérance
Un rai de soleil pâle, un rien, ou pas grand-chose
Une pensée jolie qui la mettrait en transe
Une respiration, un simple instant de pause

Dans ce tourbillon vide qui lui sert d'existence.
Voilà qu'elle se décide : elle sonde sa mémoire
En quête d'un sourire, d'un baiser, d'une danse
De cet instant magique où le gris devient noir

Où l'eau sale insipide se fait vin flamboyant
Où des yeux évanouis se mettent à briller
Où une main taiseuse se lève doucement
Et, de ses doigts timides, se plaît à caresser.

Alors l'ombre soudain commence à prendre chair
Le pas se fait plus sûr et le regard plus fier
Les poumons désœuvrés se saoulent de cet air
Qu'ils n'osaient savourer parce que trop amer

Enhardi par l'ivresse qu'il avait oubliée
Se rappelant enfin ce qu'était qu'exister
Notre homme tend les bras, repousse ce temps lourd
Qui l'avait trop longtemps rendu aveugle et sourd

D'un geste vigoureux il écarte sans crainte
Les lugubres rideaux qui masquaient sa jeunesse
Celle-là qu'il avait sans courage ni plainte
Livrée aux dents rugueuses d'une vaine détresse.

Resplendissante et nue aussitôt s'offre à lui
La fenêtre béante des rêves inassouvis
Le gouffre insensé des désirs infinis
Il avance, sourit. Il saute. Il est parti.
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