Quelques mots sur nos maux

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Image de Été 2020
Dehors le silence est devenu assourdissant
Enfin, filtre le chant des oiseaux, distinctement
Ils chauffent leurs plumes au 1er soleil de printemps
La rue est vide de voitures, d’autobus, de passants
Le cœur de la ville bat, sur un rythme plus lent

Par les radios, la télé, les infos sont distillées
Le matin, le midi, le soir, toute la journée
Nous prenons là le risque de nous y habituer
Bientôt trois semaines que nous sommes enfermés
Nous rêvons liberté, mais ça va continuer

Les entreprises ont découvert leur nouveau Graal
Même les plus réfractaires passent au télétravail
Chômage partiel ou boulot vaille que vaille
Les parents font ce qu’ils peuvent pour rester sur le pont
L’école buissonnière se pratique à la maison

Confinés des villes ou confinés des champs
Certains s’entassent à plein dans un appartement
D’autres ont la chance d’avoir une cour ou un jardin
Pensons à ceux dont la violence est le quotidien
Comment résistent-ils en menant cette vie de chien ?

Au dehors, il y a des masqués, des gantés
Et ceux qui, dans leurs écharpes, plongent le nez
Nos marchés, sur les places, n’ont plus droit de cité
Nos aïeux ont des caisses et des heures réservées
Pour éviter les queues dans les supermarchés

Nous sortons pour les courses ou raison de santé
Pour promener le chien ou pour se défouler
D’autres prennent des risques pour aller travailler
Munis d’un laisser-passer pour la Maréchaussée
Les déplacements riment avec le mot danger

Sur les trottoirs, les gens évitent de se croiser
Traversent la rue ou rejoignent la chaussée
Ils sourient en passant comme pour s’excuser
La distanciation sociale s’est ainsi installée
Et nos mains sont sèches à force d’être lavées

Nous ne quittons plus nos ordis, nos GSM
Pour garder le contact avec tous ceux qu’on aime
Ou pour boire des coups avec tous nos poteaux
A tour de rôle, nous braillons fort dans nos micros
Pour se sentir ensemble à l’heure de l’apéro

Tous les soirs à 20 h, y a du monde aux balcons
Pour faire un max de bruit, tous les moyens sont bons
Nous tapons dans nos mains ou bien sur des poêlons
Nous découvrons nos voisins, fallait-il cette occasion ?
« Bonne soirée, à demain » et puis nous nous quittons

L’accueil de ces héros n’est pas le même partout
Des menaces ils reçoivent, les gens deviennent fous
La peur est admissible mais la bêtise pas
Ils risquent leur santé, leurs heures ne comptent pas
Ce n’est pas les aider que leur faire ce coup-là

L’hôpital sous tension, de nos morts fait l’addition
Compte ses respirateurs en réanimation
Pas besoin d’être Einstein pour résoudre l’équation
Nos soignants montent au front, de jours comme de nuits
Pauvres de protections, de plus en plus démunis

D’autres, d’Hippocrate, ne connaissent le serment
Mais se lèvent le matin malgré tout vaillamment
Ils s’investissent à fond pour assurer notre confort
A la solidarité, tous ceux-là ils croient fort
Pour l’honorer, ils ne ménagent pas leurs efforts

Notre vie de tous les jours n’est déjà plus la même
Oubliés les baisers depuis plusieurs semaines
Depuis qu’il s’est invité au sein de nos chaumières
Dans sa forme sévère ou par chance plus légère
Entre nous s’élèvent les barrières sanitaires

Nous avons besoin de créer quand rode la mort
L’imagination foisonne pour conjurer le sort
Les plus frileux prennent goût à la technologie
Chansons, tutos, vidéos ou encore parodies
Sortilèges pour lutter contre l’épidémie

De Wuhan à Paris, on nous a peut-être menti
C’est la guerre aujourd’hui, on nous l’a bien dit
Alors le temps n’est pas à la polémique
Mais bien à l’éradication pandémique
Cependant l’heure des comptes bientôt sonnera
Et certains devront répondre de tout cela

Pour le monde de demain, sommes-nous vraiment prêts ?
Dans nos travers égoïstes, allons-nous replonger ?
J’ai du mal mais pourtant j’ai envie d’espérer
Que du gâchis, un monde meilleur peut émerger
Si nait une volonté commune de le réinventer

Des petits enfants, bien sûr, je n’en n’aurais pas
Aux tiens, combien l’Homme est insensé, tu leur diras
Mais aussi, qu’il sait être bon et généreux parfois
Du printemps 2020, longtemps, on se souviendra
C’est, tous ensemble, que victorieux on s’en sortira !
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