POur mon épouse Alzeheimer

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Tu ne te souviens plus où tu as franchi la frontière,
Dans quel pays as-tu perdu la mémoire ?
Ne plus savoir qui tu es, qui je suis.
Dans la brume tu as échoué dans le pays de nulle part,
Sans savoir, sans but.

Tu as perdu ton soleil,
Il ne réchauffera plus ton corps,
Que j’aimais caresser, aux heures de tendresse.
Il me reste des souvenirs, au creux de mon cœur.
Quand je te donne un baiser dans le cou.
Tu me réponds : « Comme avec mon mari ! »
Je suis là, je te prends la main,
Tu ne m’oublies pas.

Ne te retourne pas, ne t’éloigne plus,
Tu es encore si près de ma frontière...
Nous nous touchons encore.

Une chanson dort dans ma tête,
Elle se réveillera peut-être dans la nuit,
Pendant mon sommeil.
Elle se souviendra de nos vingt-ans.
Tu riais à la vie, heureuse.
On croyait à l’éternelle jeunesse.

Une chanson me raconte dans ma tête,
Des jours heureux, Quand je t’ai rencontrée,
Si belle tu m’offris amour pour la vie,
Tes baisers m’enivraient, ton corps vibrait.

Une chanson vit dans ma tête,
Tu l’as oublié depuis longtemps,
Moi, j’y pense encore, pour toujours,
Quand je te vois si seule, si triste,
Dans ton hospice,
Je pleure mon amour cassé.

Les feuilles mortes de l’automne tombent sur le chemin,
Tes souvenirs s’envolent au gré du vent,
Tu t’accroches à quelques branches,
Rattrape une feuille qui s’échappe,
Encore une seconde à te souvenir,
Avant que la feuille ne tombe à terre.
Et disparaissent dans la tourbe du fossé.


© J.F. MESLIN
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