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Poète ne suis

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Gécé

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Poète ! Mais qui donc n’est poète ?
Amour est poésie.
Qui donc est amoureux est poète à son tour.
Si poète je suis, le suis sans prétention
Car poète ne suis, que poète amoureux.

Poète Amoureux ?
Poète, homme heureux !
Poète pour ma mie
Poète pour la vie.
Alors ma mie voici :
Un mot, un seul, je dis
Ce mot est poésie.
Sans harangue, sans artifice
Un seul mot,
A l’infini,
Je le crie, je l’écris...
Et mieux que de l’écrire
En bouquet veux te l’offrir,
Un nœud pour l’enlacer.
D’un seul mot répété en longue litanie
Tresser dans tes cheveux
Une guirlande printanière.
Pour la rime, c’est facile
Elle est en « aime ».

Tant galvaudé, tant répété.
Ce mot, ce mot
N’est pas original
Sans doute même un peu banal
Mais il est gros,
Gros comme une douleur sans larme.
Mais il est beau,
Beau comme un ciel d’orage.
Comme l’arc-en-ciel qui nait de la nuée.
Il est simple et léger comme la chanson qui vagabonde
Au bout de lèvres heureuses.
Il court.
A peine lâché,
Une étreinte le reprend !
Puis une autre,
Il passe de bouche en bouche.
S’il tombe d’un soupir
Un souffle s’en fait l’écho,
Une plainte bientôt
A l’infini, à l’infini...
Et, dans le silence,
Ecoute la nuit,
Entends ce cri,
Toujours le même.
Drôle de poème !

Tant galvaudé, tant répété.
Il est feu de Saint-Jean, jeunesse paysanne.
Il est promesse et semence.
Il est pluie et lumière,
Moiteur vaporeuse qu’exhalent les blés mouillés.
Chaleur de midi et miel sur ta joue.
Sous le rideau offert au vent de la fenêtre ouverte :
Le parfum d’un lit défait
Et ta chemise sur la chaise.

Tant galvaudé, tant répété !
Banal, original ?
A pleine page, à l’encre noire
En rondes ou en gothiques
Je veux l’écrire.
Tu te lasses de l’entendre ?
Tu te lasses de me lire ?
Qu’importe !
De mes mains, dans la pierre, je veux l’inscrire.
En ricochets, le confier à l’onde messagère.
De ma bouche enfin le polir sur ton sein.
En modeler les caractères,
Les souligner, les caresser
Et d’un baiser placer le point,
Au plus profond, au plus secret,
A la limite du mystère.
Sur ton ventre en touches légères
Je veux l’écrire encore.
Il est tout mon poème.
Poème pour la vie
Poème pour ma mie
Quand je voudrais le chanter plus fort
Un seul mot je n’aurais
Un seul mot à la bouche :
Cet étrange poème
Dont tu es la musique.
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Gécé · il y a
merci Artvic. C'est un peu long sans doute mais le rythme, le temps cela compte aussi...( et puis je ne sais que retirer!). PS: J'ai bien aimé ton texte supporté par la musique des microsillons qu'il fait renaître comme une brassée de souvenirs.
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Image de Artvic
Artvic · il y a
Bravo !! On pourrait dire que c'est long mais j'ai déjà vu plus long et cela n'est pas l'important... L'important, c'est le contenu et la phrase finale, c'est un beau texte.
Je vous invite à vous perdre dans les sillons.. https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/sur-un-air-de-rock

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