Poésie

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Qui suis-je en 400 caractères ? Je pourrais les mettre dans le désordre, comme ça, pour être drôle et intéressante, et te faire rire, toi, lecteur. Mais je ne préfère pas. Alors, pour reste  [+]

Je regrette l'assurance des longs mots tranquilles
Que les poètes écrivaient le long des lignes
D'immenses recueils bouleversants
Où se mêlaient vie, désespoir et sang

J'ai longtemps eu des rêves d'enfant
Illusions passées ou perdues maintenant
Sur un avenir romantique et glorieux
Où je vivrais de ma plume pour louanger les cieux

Je ne crois ni en Dieu ni à la vie
Et pourtant me voilà prête à prier
Les âmes de ces poètes tant adulés
A plaider pour comprendre leur génie

Car on peut essayer, en de longs paragraphes
En classe, ou plus tard dans les livres
De leur dresser un glorieux paraphe
Mais jamais leur œuvre ne se livre

J'ai tant espéré les égaler
Je les ais lus jusqu'à en être écœurée
De ces vers, de ces longs envols rimés
Jusqu'à percevoir la terrible vérité

Car le poète peut chanter la vie
Mais sa véritable Muse est la mort
Les mots naissent de ses désirs et envies
Pulsions qui lui enflamment le corps

Pour lui, l'art n'a qu'un nom
Qui se mêle au souffle de l'inspiration
C'est la douleur, la souffrance
Et le poids de vivre, cette violence

Le poète voit derrière les masques et les mots
Il souffre, il perçoit, il ressent
Et cet affolant tourbillon de sentiments
Se joue de lui et le ronge de mille assauts

Que l'on ne s'étonne pas de la fin horrible
Aussi tragique que leur existence
Qu'ont connu tant d'artistes dont la souffrance
N'égalait que le talent et son poids terrible

Je voulais être de leur étoffe
Et briller à leur côté au firmament stellaire
Des étoiles qui ne sont que les larmes amères
Qu'ils distillaient dans leurs strophes

J'ai pour appuyer mes suppositions
Un exercice très simple de démonstration
Parmi les artistes, comptez les suicidés
Les fous, les drogués, qu'est-ce que vous en concluez ?

Il demeure cependant une question
Qui risque de détrôner la poule et l'œuf
Au rang de l'énigme où ne suffit plus la raison
Mais elle est éculée, voici un défi neuf :

Qui arrive en premier ?
Le poète est-il fou avant de composer
Où sont-ce les vers qui lui dérobent l'esprit
Et bien plus tard la vie ?

Je proposerais ma réponse, bien subjective
Car si je ne me proclame pas artiste
Je ne peux rester objective
Face à un sujet aussi triste

Et malgré tout, je me sens concernée
Je ne suis pas poète, mais je le pourrais
Car j'en ai la sensibilité
Cette attirance pour les sombres destinées

Car c'est bien sa malédiction
Il naît différent, et de cette souffrance
Il cultive avec patience la violence
Avant d'en user comme inspiration

Un poète est un écorché vif des sentiments
Un souffrant, un terrible inadapté
Qui bien trop ressent de son cœur les élans
Qui au bord de l'abîme le font danser

Mais c'est aussi un survivant
Qui de ce handicap a su se délivrer
Lorsqu'il prend sa plume, il s'éprend
De chaque mot tracé sur le papier

Et bien qu'à chaque pas le désespoir
La mort, la dépression, la mort et la douleur
L'attendent dans leurs grands habits noirs
Il les évite et brandit ses couleurs

Et qu'elles sont belles, des flambeaux d'espérance !
Des appels à l'aide mis en vers rimés
Pour tenter d'échapper à tant de violence
Depuis trop longtemps intériorisée

Peut-être un jour serais-je poète,
J'en souffre aujourd'hui. Mais si leur Prince maudit
Baudelaire en personne, a déjà écrit
Qu'il était un albatros : je ne suis qu'une mouette.
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