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Qualifié

Je ne suis qu’un pantin dont le bois est à sec,
Un jouet de fortune oublié sur la route,
Et les adolescents qui grandirent avec
Ont à jamais quitté le champ de mon écoute.

Mon habit est un faux : un uniforme ouzbek
Que la pluie indiscrète efface goutte à goutte,
Et mon nez, quoique fin et de modèle grec,
N’est, hélas, pas de ceux qu’une senteur envoûte.

Convaincu que ma vie est vouée à l’échec,
Je n’oppose aucun acte au corbeau de la joute
Et perds de la sciure à chaque coup de bec.

Je ne suis, désormais, plus qu’un squelette en teck
Et demande sans voix que l’artisan m’ajoute
Une chair érotique et ce qui bat avec.

PRIX

Image de Hiver 2019
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Dranem · il y a
Tchao pantin ! sauf si revient le marionnettiste...
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Philippe Martineau · il y a
Peut-être que Coluche aurait aimé :-)
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Flore · il y a
Avec un peu de retard, je viens lire ce joli sonnet, une forme poétique que j'aime beaucoup. Un rythme, moins classique, pour les deux tercets. C'est beau, ce jouet délaissé...on souhaite pour lui une seconde vie...
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renee vrillac · il y a
bravo
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Jusyfa · il y a
Le droit de vie ou de mort des jouets, est réservé aux enfants, ***** pour votre belle écriture.
Julien.

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Jeanne · il y a
Un fort joli sonnet, un bien charmant Pantin, pantin de bois tendre et précieux, pantin survivant, pantin désarticulé, jouet abandonné, objet muet, insignifiant, poupée inanimée qui s’anime au cœur de l’été, s’éteint au cœur de l’hiver. C’est la fin, une larme roule sur sa joue, glisse et goutte sur son habit usé par tant de manipulations, compagnon de jeux privé de sa raison d’être, son teint doré, ambré devient livide, le pantin se vide de son essence, sa substance, craque d’un trop plein d’indifférence, dans un dernier sursaut défaille, se lyse, gît en un tas informe. Soudain comme un répit, un sursis, un pied de nez au destin, il reprend vie et forme au détour de vers qui résonnent, de rimes qui claquent comme le vent dans les haubans et vibre sa fibre, et coule le suc, la sève dans ses veines, colore sa chair, rosit son teint, le poète ému lui donne vie, lui prête âme et rebat son cœur de marionnette.
Avec son air pimpant, son nez en trompette, le voici fin prêt, prêt paré pour de nouvelles représentations, nouvelles récréations au bonheur des enfants.
Moi, je manie mes marionnettes avec douceur et doigté
Moi, je construis des marionnettes avec des fleurs et des pensées.

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Virginie Ronteix · il y a
Eros, pathos...
Joli texte, j'aime beaucoup.
En compet aussi : si le cpoeur vous en dit dans une autre catégorie :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/danser-la-vie-1?all-comments=1&update_notif=1549882168#fos_comment_3334654

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Pascal Gos · il y a
Je pense que nous sommes tous des pantins à la recherche d'épaisseur, de chaire. Non ?
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Sarah Giaime · il y a
On a envie que ce pantin retrouve de sa superbe. J'ai beaucoup aimé, je vous donne mes trois voix.
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Miraje · il y a
Un poème qui n'a pas figure d'épouvantail ☺☺☺ !
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Le Vrai Monde NC · il y a
Un travail formel remarquable avec un sonnet au cordeau avec ce jeu entre ces deux rimes ! Des rimes inhabituelles ("ouzbek") et un fond qui vaut la peine de lire et relire plusieurs fois votre poème : j'adore ! Mes 5 voix ! Si ça vous dit, je vous invite sur Armistice, ma chanson en compétition : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/armistice-2
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