Pandaemonium

il y a
1 min
190
lectures
15
Qualifié

L'écriture est un leurre, un regard discordant sur le monde et ses multiples possibles  [+]

Image de Automne 2020
Le ciel
La rue
La citadelle et ses remparts
Des bretelles aux rubans scellent
La furie des corps où s’irisent les nuits
Lorsque les âmes s’éparpillent
Le soir où les lumières luisent
Au sein des rues opacifiantes
Où draine l’encre au creux des verres
L’encre noire qui ensorcelle
Et la ruche aux sarments de pierre
Au siècle de la fourmilière qui s’étire d’épuisement
Dans le flot gravifique de la Bête immonde
Et d’autres nuits à la lueur des gyrophares
Du sommet des tours où s’élève la laideur
Nimbent le ciel d’une aura phosphorescente
Aux bas-fonds lézardés de souillures
Cernés de tours édifiantes où toutes les demeures brillent
Au cœur d’immenses cathédrales que nul ne blâme
Sous les coupoles serties de verre

Sais-tu les câbles putrescents
De quelques millions d’âmes aux nerfs d’acier
La fièvre cyclonique à ne plus respirer
La meute enivrante à l’embouchure des bras
Et d’autres qui renoncent au milieu des ronds-points
La surface au lithium vomissant le basalte en coulées prismatiques
À ne plus rien sentir
Pas même la moindre brise caresser les visages
Ni le ciel hachuré parcourir les rivages
D’une mer sulfurée à l’ancrage des nuits
L’azur comme un atome infiniment perdu
Vide de toute existence
Et toute chose vide de substance
Sur chaque parcelle d’ombre au cœur de la marée humaine
Éructant des tronçons putréfiés le long d’avenues rectilignes aux feux de signalisation
Ni les canaux plongeant vers les bouches d’aération
Ne pouvant supporter l’étranglement
Dans l’étroit goulet de la monstruosité

Nul ne sait si les calandres usées s’effaceront à travers la foule
Ou si le ciel cendré emportera la houle des nuages plombés
Face à la brillance des jantes en alliage chromé
Ou si le bruit sidérant des klaxons le long des grands boulevards
Les jours de rush
S’éteindra au pourtour de la nuit
Laissant place aux phares de l’immense cité
Luisante comme une lame chauffée à blanc s’illumine
Ni si la gueule vomissante d’ozone des moteurs au diesel
Piégés dans la circulation
Scellera la pangée de reflux migratoire au sortir des bureaux
Ou si l’odeur du mazout craché par les usines
De complexes industriels aux cheminées de soufre
Parcheminera les artères de mort
Jusqu’à l’infime cellule
15

Un petit mot pour l'auteur ? 10 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Kévin Balouin
Kévin Balouin · il y a
La poésie n'empêche pas la lucidité, bravo.
Image de Yasmine Anonyme
Yasmine Anonyme · il y a
Super beau poème, une belle définition de la vie au début, j'aime plus une abonée
Image de Hélène ANIZET
Hélène ANIZET · il y a
L'infernale citadinité... Tellement en résonance avec ma façon voir la ville.
Image de Patrick Gibon
Patrick Gibon · il y a
"quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle..." sur la ville! texte en vague de rage justifiée, constat des fanges du KKpital!
Image de Tess Benedict
Tess Benedict · il y a
Comme un fleuve charriant ses détritus après la tempête. J'ai particulièrement aimé :Au siècle de la fourmilière qui s’étire d’épuisement. Mais, à mon avis, le mot laideur est superflu car on la ressent assez avec les images.
Image de A. Sgann
A. Sgann · il y a
Impressionnante ville où on est obligé de vivre et de supporter !
J'aime !

Image de Randolph B.
Randolph B. · il y a
C'est du lourd ! Écrit avec finesse. J'apprécie encore plus d'habiter en campagne ! Un bon texte !
Image de Mickaël Gasnier
Mickaël Gasnier · il y a
Vivriez-vous dans cet enfer ?
Où l'herbe a disparue ?

Image de Christophe Pascal
Christophe Pascal · il y a
Ville infernale... très réussi!
Image de Ginette Flora Amouma
Ginette Flora Amouma · il y a
Saisissante description de la terrible vie citadine .

Vous aimerez aussi !