P'tite nana

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Eclat de voix. Choix d'un sillon. Rayon de danse. Intense désir. Rire à la vie. Envie d'écrire  [+]

L’était une fois une p’tite nana
Qui à huit ans avait écrit
L’histoire d’un chien et d’une souris,
Dans une école sans éclat.
Le maître a ouvert des yeux ronds
Derrière ses lunettes teintées,
Elle y a lu l’admiration,
Un détail semblait l’épater :
Le passé simple du récit,
Les mots « mordit, patte meurtrie ».

Par-ci par-là, elle a écrit,
Quand les idées se libéraient
Et lorsque rien n’était figé,
Très loin des rédactions honnies.
Aimant rimailler, bidouiller,
Se jouer des mots et des sons,
Qui enjôlent les pavillons.
Adolescente, elle s’attardait
Sur des poèmes et des chansons,
Surtout Brassens et Aragon.

A dix-huit ans, usant son temps
Dans des cours dépourvus de sens,
Cursus d’ambition et de frime,
Elle trompe son ennui immense
En noircissant des pages de rimes.
Mais le passé n’est pas si simple,
Elle trouve une voie en épingle,
Un virage à contre-courant.
Elle a gardées pliées ses ailes,
Ses plumes en songes de dentelle.

Elle tente parfois de partager,
Avec de proches étrangers,
Ce qui l’anime, la fait vibrer.
Elle a un boulot, des enfants,
Si rarement si peu de temps.
En filigrane, en pointillés,
Parfois même à la dérobée,
Depuis une poignée d’années,
En une croissante intensité,
Fait l’amour avec le papier.

Cinq fois huit ans, c’est un tournant,
Et la vie change, maintenant.
L’heure d’une saine maturité,
De ce que l’on veut assumer.
L’était une fois une p’tite nana
Qui déverrouille des cadenas
Cherchant, un peu désordonnée,
Comment faire lire et partager,
Ecoute une amie qui lui dit :
J’connais un site, va voir ici.

Pseudo choisi, riche de sens,
Poème écrit, et elle commence
Par le prix de St Valentin,
Cet évanescent plaisantin.
Observe ce qui se passe là,
Et tout ce qu’elle voit, c’est la vie.
Y’a des embrouilles et puis des cris,
Des rencontres à ouvrir les bras,
Des coups d’théâtre, des jalousies,
Des lois, des clins d’œil, des défis.

Et puis surtout, il y a des mots,
En tire-bouchons, en écheveaux,
En tapis, en montagnes douces,
Des mots dont on n’a pas la frousse,
Qui sentent bon et se dessinent,
S’envolent haut, ont bonne mine,
En jeux, en contes ou en poèmes.
Ellipses et allégories
Sont pour les pupilles ravies
Les joyaux sertis du diadème.

Et derrière tous ces mots, des êtres,
Que peut-être elle pourra connaître.
Ceux qui ont des dons singuliers
Sous leur fier short pas étriqué,
En leur fertile et fine plume.
Tous ceux dont le regard s’allume
Pour un bouquet de textes courts,
Pour une édition de velours.
Oui, ceux-là embrasent ses yeux,
Comparses culottés, malicieux.

L’était une fois une p’tite nana
Qui trottine, fait ses premiers pas,
Espère parmi vous s’amuser,
Sur les phonèmes voltiger,
Ecrire, écrire, écrire, écrire,
Lire, lire, lire, lire,
Aimer, aimer, aimer, aimer,
Voter, voter, voter, voter,
Avec son cœur et son stylo,
Au concerto du fil des mots.
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