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Oubliée

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Hypatie Teiko

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Je suis partout là où tu n’es plus,
Sur les boulevards, dans les quartiers, sur les avenues et les rues.
Je n’ai jamais pu te prendre la main, jamais pu te regarder,
J’aimerais que tu ne m’oublies pas mais tu n’as aucun souvenir à conserver.

Mais qu’est-ce qui nous empêche de nous regarder,
Je sais, la mort me tient la main, ma meilleure amie est la lâcheté,
Je sais, ce n’est pas sur la même page qu’on a débuté,
Mais qu’est-ce qui nous empêche d’ensemble terminer ?

Tout s’efface avant la préface,
Je suis incapable de me regarder dans une glace,
Pourtant, je vois mon mal se refléter sur chaque miroir,
Quand je pense à tout ce que je cache au fond d’un tiroir.

Tu sais, jamais nos corps ne se touchaient,
Alors j’espérais que nos ombres mélangées me suffisaient,
Mais chez moi, l’éclat du soleil n’est jamais doux
Alors souvent, les nuages passaient entre nous.

Tu m’as fait tourner la tête quand je ne voulais plus tourner en rond
Quand tu disais que t’arrivais tu disparaissais sur le perron,
Quand tu ne m’offrais que des sourires moqueurs,
Quand tu te refusais à me prêter ton cœur.

Je suis dépendante,
Ni droguée, ni fumeuse, juste perdante,
Pour moi tu es l’oxygène, pour toi je suis l’air pollué qui frôle le bitume,
Pour moi tu es la mer, pour toi je ne suis plus que l’écume.

Tu as disparu, comme ça, du jour au lendemain,
Je sais que j’étais lâche mais j’aurais voulu te prendre la main,
Je suis pleine de remords, notre histoire n’a jamais commencé,
Pourtant, j’ai l’impression qu’elle est en train de s’effacer.

Je suis accroupis derrière les voitures,
Cachée dans l’ombre des murmures,
Bercée par le son des pas, j’entends et comprends la vie des passants,
Dans une ville où personne ne se connaît et où tout le monde se ment.

Quand je passe devant les vitres, mon reflet a disparu
Confondu aux ronronnements des voitures, ma voix ne s’entend plus,
Assimilées à la triste pluie, mes larmes sont invisibles,
Déchirée par les souvenirs, je ne suis plus invincible.

J’aime me cacher dans la foule,
Au fond, on espère faire partie du moule.
On fait semblant de vivre le jour mais on se cache dans la nuit : plus besoin de sourire.
Avant je détestais les ennuies. Maintenant, je les attire.

Parfois je me dis que je vais le regretter,
Mais après tout, les bonnes actions sont oubliées,
Puis je me souviens que je ne suis plus à ça près,
Il n’y a plus que les mauvaises qui paient.

On dit qu’il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets,
Mais qui a le courage d’affronter ses propres secrets ?
À la manière des enfants, qui ne regardent que les images,
Ils croient avoir le droit de faire le résumé d’un livre dont ils n’ont lu que la première page.

Tu es tellement de moi, je suis si peu de toi,
Sans litote, métaphore, simplement « prend moi dans tes bras »,
Je sais, tu es la vérité, je suis l’erreur,
Je suis fade, décolorée, tu m’apportes la fraîcheur.

Je suis morte, dépendante, abandonnée,
Je suis larguée, brisée, déchirée,
Je suis une bavarde bien silencieuse,
Lorsqu’il s’agit d’être heureuse,

Je suis oubliée,
Comme la lumière des cendres rosées,
Comme la froideur des eaux gelées,
Comme la pluie dans la nuit,
Comme les jugements infinis,
Comme la naissance de l’espérance,
Comme les immenses et longs silences
Mais n’oublie pas, la souffrance née de l’élégance là ou l’excellence née de l’imprudence.


Pour L,
Dans l’espoir de te revoir.
Garance Damez
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