O mon frère

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La vie est un paquet d'invendus. G.L  [+]

Bonjour, ô vous mon frère
Oh vous mon frère!
Je vous reconnais malgré le temps
Les points communs sont accablants
Aucun avec moi, oh non surtout pas
J'espère ne pas me confondre avec ça
Pardonnez mon « ça » maladroit
Votre nez se rallonge et se colore chaque fois
Chaque fois un peu plus avec horreur
Je vois votre visage avec stupeur

Vous rappelez vous seulement de votre naissance?
Etes-vous sûr d'être réellement de ma famille?

Il est vrai pourtant que ce nez
Si laid soit-il
Me rappelle sans en douter
Nez de Cécile
Maman la pauvre aussi possédait
Au milieu de la figure
Une espèce de gros navet
M'enfin rien n'est sûr
Les vilains aujourd'hui
Sont en grande majorité

Alors que ma truffe discrète
Se mélange sans complexe
Au reste de ma tête


Comment allez-vous ô mon frère?
Oh vous mon frère!
Vous n'avez pas réellement changé
Quoique, toujours plus amoché
Avec les rides vos traits s'amplifient
Le détail du dessin est bien mal réussi
Votre front rarement fourni en pelage
S'élargit chaque jour que l’âge
Fait de vous une espèce de monstre
Ce n'est que début de métamorphose

Vous rappelez vous seulement de votre naissance?
Etes-vous sûr d'être réellement de ma famille?

Il est vrai pourtant que cette calvitie
Naissante ou déjà toute approfondie
Est un signe assez marquant chez les hommes
De chez nous, père, grand père, tous en somme

Alors que ma crinière si brillante
Affine et sublime mon portrait
Aux délicates lumières ardentes

Qu'avez-vous à m'apprendre ô mon frère?
Oh vous mon frère!!
J'ai plaisir d'enfin vous revoir
Non pas que votre visage me charme
Au contraire je fais le noir
Vos dents dessoudées sont infâmes
Comment ses quenottes puissent être
Abandonnées à ce point de vos soins
Je subis votre sourire infect
Moi homme d'hygiène à point

Vous rappelez vous seulement de votre naissance?
Etes-vous sûr d'être réellement de ma famille?

Il est pourtant vrai que ce sourire
Ressemble à s'y tromper
Au dentier de l'oncle casimir
En avez-vous hérité?


Alors que ma mâchoire étincelle
Reflète chaque rayon ou glacier
Dans une pure bouche de merveille


D'où venez-vous ô mon frère?
Oh mon frère!
Je ne vous ai jamais oublié
D'ailleurs comment aurais-je pu?
Votre physique particulier
Est une énigme jamais résolue
Ne vous vexez pas mon frère!
Je me ris juste un peu de vous
C'est vrai que vos yeux bien verts
Vert semblable aux fèces de poule
Se disent merde mutuellement
Me voyez-vous en double?

Vous rappelez vous seulement de votre naissance?
Etes-vous sûr d'être réellement de ma famille?

Il est pourtant vrai que ce regard
Je le connais
Ce bon vieux Marc-Edouard
Lui aussi louchait
Papa, on peut le dire maintenant
Bel homme cependant
Avait les ouvertures mal dirigées

Alors que mon regard si bleu
Se perd dans les océans
Qui jalousent mes yeux


Qu'est-ce qui vous amène ô mon frère?
Oh mon frère!
Prenez donc place à ma table
Bien que vous n'en ayez pas besoin
Vous portez là un sacré cartable
Attendez-vous plusieurs marsouins?
Je me moque un peu bien sûr
Comment éviter la plaisanterie
Vous êtes à tel point ventru
Et dépassez les trois cents livres

Vous rappelez vous seulement de votre naissance?
Etes-vous sûr d'être réellement de ma famille?

Il est vrai pourtant que ce profil
Plutôt courant
Dans notre chère famille
De bon vivant
Ressemble sans erreur
A tous nos autres frangins
Eux aussi gras bouffeurs
Qui pèsent deux cents vingt

Alors que ma suave silhouette
Et ma peau si ferme
N'ont rien à envier à l'athlète


Que désirez-vous ô mon frère?
Oh mon frère!
Vos enfants vous ressemblent pauvrettes
Elles ne partiront pas de si tôt
Mon frère ne vous en faites
Aucun honnête homme ne veut gagner tel lot
Pardonnez-moi c'est de trop
En plus elles m’entendent nul doute
Avec des feuilles comme les vôtres
On ne peut nier que l'on écoute
Les vôtres avec le temps
Continuent de tourner à l'avant

Vous rappelez vous seulement de votre naissance?
Etes-vous sûr d'être réellement de ma famille?

Il est vrai pourtant que ces ramées
Si grandes soient-elles
Sont les mêmes que mémé
Qui a finie sourde, c'est cruel
Vous avez quand même, c'est un atout
Une grande place pour accrocher bijoux


Alors que les miennes ,gracieuses
S'accordent parfaitement au reste
de ma silhouette heureuse


Mais dites-moi mon frère, trouvez vous
Un seul point commun nous rapprochant?
Non, rien, aucune analogie entre nous
Croyez-vous possible qu'on ait les mêmes parents?
N'avez-vous jamais songé à l'adoption?
Peut-être, après tout, que c'était la seule solution
Qu'ils avaient d'avoir, après moi un second
M'enfin il n'y a rien de grave voyons
Ce n'est pas la peine de me regarder comme ça

Quoi? qu'est-ce que vous racontez?
Le problème, peut être vu de vos yeux
A l'envers alors, pourrait être plus judicieux.
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Gaby S · il y a
Un texte saisissant..à l'endroit comme à l'envers...Original en effet !
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Gabriel Laigle · il y a
Merci beaucoup trébor, à bientôt
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Trebor · il y a
Texte très original dans son cynisme plein d'humour avec une fin qui remet les choses en place. Bravo Gabriel.