Ô douces heures

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Image de Hiver 2018 - 2019

C'est le désir qui nous rend doux.

Le cuir s'assouplit, poli sous les caresses, les joues rosissent et se réchauffent. Quelques baisers appuyés et voilà le corps si lourd et gauche qui devient anguille, qui se faufile, se tord et se cambre. Plie, ploie, se déploie dans les plis des draps, dans les replis de la chair, dans les courbes. La peau devenue soie enveloppe les corps langoureux qui se délient, amoureux. Le lin blanc, tout à l'heure rêche, a maintenant un grain de pêche, un teint satin. Un teint nacré. En toile de fond, un tableau vivant. Tels des peintres qui magnifieraient le plus banal, qui nous donneraient le goût du beau, deux êtres se mélangent et éveillent leurs sens aux couleurs les plus vives. Ils se révèlent dans leurs ébats. Bien plus tard, ébahis, ils repenseront avec envie à cette union des corps, cette incarnation de beauté et d'esthétisme, d'harmonie, de fluidité, de justesse. Pour l'instant ils font danser des nuances chaudes, éclater leur vérité au clair-obscur, leur âme nue à découvert. Au début hésitants, leurs gestes lents ont évolué. Ils sont plus assurés, rassurés de se comprendre. Ils s'explorent avec délice, se glissent, se fondent et se confondent, se maîtrisent un instant pour mieux se plonger dans ce bain sensuel qu'aucune plainte n'entache. L'étreinte dure. On s'enlace, s'enserre, se relâche, on vacille sans relâche. Ô douces heures... Comme on s'extasie... Authentiques et sincères, les souffles s'accélèrent doucement et s'accordent, s'unissant dans un cri de naissance, d'agonie. Naître à soi-même, n'être qu'à l'autre. Ils sont vivants. Et ils sont morts. Les esprits, conscients de l'instant comme jamais, se rejoignent dans l'au-delà. Trempés d'émotion, révélés autant à l'autre qu'à eux-mêmes, les corps, eux, s'endorment enfin, épuisés.

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Marie Quinio  Commentaire de l'auteur · il y a
"On s'aime, on se sourit, on se rit, on se fait des petites moues avec le bout des lèvres, on s'entrelace les doigts des mains, on se tutoie, et cela n'empêche pas l'éternité. Deux amants se cachent dans le soir, dans le crépuscule, dans l'invisible, avec les oiseaux, avec les roses, ils se fascinent l'un l'autre dans l'ombre avec leurs cœurs qu'ils mettent dans leurs yeux, ils murmurent, ils chuchotent, et pendant ce temps-là d'immenses balancements d'astres emplissent l’infini."
- Victor Hugo, Les Misérables

"Et que ne durent que les moments doux"
- Alain Bashung, Osez Joséphine

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Zutalor! · il y a
Oh là là... Mais c'est... C'est beau, c'est chouette, et... C'est drôlement bien observé, raconté...

Tiens, je t'offre une chanson tellement ça m'a plu, juste pour écouter, c'est mieux, d'accord ?

https://www.youtube.com/watch?v=qJPxlP3m4DM

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Marie Quinio · il y a
Merci beaucoup ! ;)) (toute rose)
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François Personne · il y a
Bien joliment écrit et d'une érotisme tout en subtilité comme l'on aime...
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Marie Quinio · il y a
Merci François !
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Fredo la douleur · il y a
Ô douces heures... Ô doux plaisir de lecture ! La tendre étreinte racontée avec force passion. Je dis Vous mais j'ai envie de dire Tu (d'ailleurs mes commentaires s'y perdent) donnes à cet instant d'union, d'attendrissement amoureux, tous les qualificatifs qui lui confèrent sa beauté. Un texte en prose et sans entraves où la Liberté peut s'épanouir à travers l'ivresse de l'Autre...! ^^
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Marie Quinio · il y a
Merci pour ce très beau commentaire !! :)
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Léonore Feignon · il y a
Un texte sensuel avec la beauté de l'Amour qui l'entoure
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Marie Quinio · il y a
Avec amour, bien sûr :) Merci Léonore
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de l air · il y a
Un peu comme si les mains voyaient les premières et qu'en fin de compte la peau décidait en même temps que le coeur... Très beau
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Marie Quinio · il y a
Vous le dites si joliment ! Merci beaucoup !
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Norah L'Hirondelle · il y a
J'aime beaucoup c'est très beau ! plein de sensualité et d'amour..! mon vote !
Une invitation à faire de même pour mon texte en finale https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-cabane-5 ;-)
Merci d'avance et bonne continuation ^^

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Marie Quinio · il y a
Merci Norah, bonne chance à votre texte, j'ai vu qu'une suite est prévue alors bonne continuation également !
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JLK · il y a
Superbe poème, Marie Briochine. Je vois que vous avez Hugo comme référence.
Dans "Les contemplations" il y a ces quatre vers, à la fin d'un poème, qui disent tout
le regret de celui qui laissa passer l'occasion de vivre de beaux moments
comme ceux dont parle votre texte :
Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
"Soit, n'y pensons plus." dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.

Au-revoir, ou plutôt : au-relire, Marie.

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Marie Quinio · il y a
Superbe, oui JLK, au plaisir de se lire ! Merci pour vos lectures et commentaires ;)
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Virgo34 · il y a
Tout en sensualité. J'ai bien aimé.
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Marie Quinio · il y a
Merci de votre visite Virgo !
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Jeanne en B · il y a
Très chouette
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Marie Quinio · il y a
Heureuse que cela vous plaise, Jeanne !
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François B. · il y a
La sensualité, la découverte de l'autre, l'abandon de soi... l'Amour... Merci pour ce texte superbe
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Marie Quinio · il y a
Merci François ! J’aime ce texte moi aussi ;)

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