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Nuit inhumaine

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Ganddella

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Pendant qu'elle elle écume de ses rouleaux argent,
Lui océan de dunes immobilisé le temps.

Le désert à produit tant de cuirs éphémères,
Travaillés patinés par le soleil brûlant,
Sous le fouet, sans pitié, mu de mille lanières,
Humiliés au silence de l'opinion forgeant.

L'azur en a chargé des navires négriers,
Dont les chairs asservies, abandonnées des dieux,
Ont par cents et milliers supporté le calvaire,
Avant de débarquer quelques humains survivants.

Bannis ils ont cessé d'être les êtres d'avant,
Outils et marchandises, fortune de leurs maîtres,
Ils sont moins que des bêtes et leur vie ne vaut rien.
Ô Dieu que n'as-tu fais qu'autorise la traite?

Vois-tu le sang couler sur les membres enchaînés
Que, horrible douleur, le sel cinglant meurtrit,
Dans le spectacle hurlant des marchands affairés,
Sur la grande place pavée où trône le pilori?

Eux négocient les gens, ceux là qui sont nos frères,
Car le goût d'arrogance les fait vivre pour régner.
Alors Gorée! Bahia! vos noms devons crier
Pour, aux âmes, octroyer l'ultime reconnaissance.

Pendant qu'elle engloutit dans ses fonds abyssaux,
Le sable sous le vent avance en continent.
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