Nuit des nuits

il y a
1 min
80
lectures
49
Qualifié

Nomade immobile installée à Londres depuis... assez longtemps ("Londonneries", c'est le nom de mon blog), j'adore le court, le haïku surtout et aussi la mini-nouvelle (pas plus de 1500 signes!)  [+]

Image de 2018
Deux petits coups légers, c’est cette nuit que j’ose.
Moi j’ai ouvert la porte mais c’est lui qui l’a close.
Il saisit mon poignet, je m’échappe, il se fâche,
Il mord mes lèvres et dit: « Faut-il que je t’attache?... »
Aussi savant en gestes qu’économe en paroles
Il feint de s’en aller alors, dans son épaule,
J’enfonce mon sourire bien profond dans sa peau
Pendant que ses mains sûres cartographient mon dos,
Que, serrée contre lui, je sens ma soie froisser
Qui n’aura pas besoin de ses doigts pour glisser.
Vers le lit il me pousse et m’affole, il veut
Engloutir dans nos draps nos fureurs et nos jeux.
Oh oui, je me rappelle vos exhortations
A ne pas regarder au-dessous de moi-même,
Ma naissance est si haute ! Mais sans hésitation
Moi je sais que ce gueux, c’est dessus que je l’aime.
J’abandonne, ravie, ma destinée glorieuse
Et n’ai plus qu’un désir: celui d’être sa gueuse
Et pouvoir marier mes actes à mes instincts,
Pouvoir, par-devant lui, faire face à mon destin,
Souhaitant de tous mes sens, palpitante, alanguie,
Que jamais aucune aube ne clora cette nuit.
49

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,