Une dernière montagne, un dernier chemin
Le vent comme compagne, caresse du matin
Le voyageur n'hume que la rose des vents
Mais ma boussole fume ce parfum enivrant

Ainsi je me perds dans ce dédale rocheux
Labyrinthe de pierre, un taureau désireux
Ma carte est faussée et pendue à l'échelle
Assis sous le feu je contemple le bleu ciel

Vint le voile de la nuit, mon unique couverture
Le sommeil lui aussi sur mon lit de verdure
Le bruit du torrent est la plus belle berceuse
Loin du boucan des villes entre bus et perceuses

Un chant retentit au royaume de Morphée
Mélodie de nymphes ou bien peut-être de fée
Litanie sacrée écrite d'une langue perdue
Une voix de louve, larme de lune survenue

Les yeux tout juste ouverts, doucement j'avançais
Quel était belle, assise là sur son rocher

Des cheveux de charbon
Une bouche à charmer
Des iris en laiton
Une peau de l'été
Des cerises en tétons
Un regard entêté

Mais qui es-tu, toi mystérieuse mélomane
Elle se retourne et sa stupeur se mêle au drame

Un bassin en écaille
Des crochets en équerre
Une queue de crotale
Un corps de vipère

Ainsi la muse est reptile au sang de magma
Alors ton nom qu'elle est-il?

Je suis Nagana

Elle est Ève et Serpent, alchimie des espèces
Basilic aux parents de Vénus et d'Hermès
Déité des chemins où elle laisse sa trace
Les routes serpentines sont là où elle passe

Nagana :

Le poète est perdu, mais son espoir perdure
C'est ainsi qu'on me trouve, d’Ulysse à Arthur
Laisse-moi te guider et construire ta voie
Prends moi par la taille, cette pulpe est pour toi

Le poète :

Sirène des montagnes, ton offre est tentante
Mais les leçons d'Adam feront ton attente
Ta réputation de créatures nocturnes
Scelle à tout jamais ce baiser dans une urne

Nagana :

Le malin n'est pour moi, qu'un ancêtre sournois
Son renom est l'unique châtiment sur moi
Les cendres d'Eden pleuvent dans votre monde
Moi je ne suis pas enfant des plus vils démons

Le poète :

Alors demoiselle tendez-moi votre bouche
Mais crachez ce venin sur ce morceau de souche
Que je vois si vous êtes plus couleuvre que cobra
Si fumée il n'y a, je vous offre mes bras


La chimère opéra et des roses naquirent
Ainsi qu'un lit de lilas et de mutuels sourires

Nagana :

Alors mon cher poète, cela vous convint?
Asseyions nous ici, partagez votre vin
Puis rangez ce couteau, vous n'êtes point ce Persée
Et allez-vous enfin, m'arracher ce baiser?

Le poète :

La nuit n'est point finis, attendons donc l'aube
Partageons ce bon vin, et chantons toutes nos odes
Les étoiles nous regardent, offrons leur ce spectacle
Car mes lèvres dans la nuit sont ce doux réceptacle


Les amants étaient ivres sur le tapis de fleur
Apres quelques chansons et après quelques heures
Un regard s'égare dans les yeux de la belle
À la croisée des mondes, les lèvres s'entremêlent

Embrasser Nagana c'est apprendre à se perdre
Parcourir des détroits, courir nu dans l'herbe
Se jouer des obstacles que nous offrent les voyages
C'est rire des tempêtes et narguer les orages
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Mabe01 · il y a
Une structure qu'on a pas l'habitude de voir pour un poème ! Un texte intéressant et bien travaillé avec des bonnes rimes ! J'aime, je vous invite sur le pacte https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-pacte-11 si le coeur vous en dit, je serai ravie d'avoir votre avis dessus !
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Hellios De Belleville · il y a
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