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Musique maestro

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François-Rose

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Musique maestro

Chacun voulait devenir joueur de piano,
Et lui se contentait de n’être qu’un porteur.
Tous, bien sûr, prétendaient être les meilleurs
Alors qu’ils n’étaient que des virtuoses du pipo.

Pour obtenir la plus belle place,
Ils étaient prêts à se faire des crasses.
Même s’ils se disaient tous amis,
Ils supportaient à peine les compromis.

Car chacun était un pur produit de la société,
Même si celle-ci apparaissait falsifiée.
A force de taper sur leurs touches, ils ne voyaient pas l’illusion.
A force de vivre dedans, ils en devenaient leur partition.

Vu du Ciel, chacun était à sa juste place,
Sauf que l’ego ne peut voir dans la glace
Que ce qui est gonflé qu’à l’extérieur de lui,
Et il ne peut supporter de regarder dans le puits.

C’est lorsqu’il tombe dans celui-ci
Que le choc intervient avec son lot de peurs et de soucis.
Mais c’est lorsque la Profondeur paraît tellement immense
Que se présente, enfin, l’âme comme dans une transe.

Si le petit joueur accepte de se libérer de sa partition,
Le fossé disparaît pour laisser place à la Création.
Il ne reste plus rien à accumuler dans ses deux têtes
Et il peut, à son tour, entendre la musique Céleste.

Mais n’attendez pas forcément que vos doigts soient écorchés
Pour que votre âme puisse se purifier et s’enthousiasmer.
Même s’il est pour vous indécent de porter le piano,
Seule votre assise vous fait croire d’être l’imprésario.
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