Pourquoi voir au-delà de l'horizon
Quand il eut mieux fait de se crever les yeux ?
Il devait tout exorciser devant les dieux
et non prêter au sphinx son attention

Telle est encore l'énigme de ma pensée ce soir
Alors que j'arpente les rues, avenues et boulevards
bien des lumières, des couleurs, tout est bavard
Mais dans le lointain, c'est sombre, un peu plus noir

Moins loin, le son d'un sax, d'un shuffle, d'une basse
Il jouent Charlie par cœur, John Coltrane,
ses pas de géants, Take the last train
c'est pour moi, ça vient du cabaret d'en face

c'est là qu'il se défonçait
alors que je me rejoue Giant Steps
droit vers le nord, droit vers la gare
l'air est glacée, ma cigarette brûle mes poumons,
pas mes intentions

Morose mon Blues, mon Spleen broie du noir
tout est rouge dans la vie en rose
tout bouge, dans un verre Vodka-orange
souvenir amer de cette dernière nuit blanche

c'est pas le complexe d'œdipe, peuchère
mais trop amoureux de sa terre mère
pas d'avion, trop cher,
Beau dans l'air, pas Baudelaire

Et je longe la rivière, que la lune éclaire
je contemple sa profondeur où j'y plonge ma face
mon vécu, au fond de l'impasse
restera mes fleurs du mal, à moi

Pourquoi voir au-delà de l'horizon
Quand il eut mieux fait de se crever les yeux
La main dans ma poche cherche, aveuglée
tout simplement de quoi prendre un billet











JB – mars 1989, texte musical écrit pour SOS






© Poème Contemporain protégé numériquement par DPP ; certifié le 25-02-2015 ; n° 819-11780







6

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !