Mon univers poétique

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Short Bio : né oui, mort pas encore  [+]

Short anthologie poétique
Aucune anthologie de poésie française ne répond à nos choix ; il y a en effet pour chacun un autre choix qui définit un univers poétique fait de poèmes, mais aussi de vers isolés, de courts extraits, de prose, de quelques mots voire d’aphorismes. Voici le mien dans le désordre alphabétique :


Hugo
Il neigeait.
...
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
*
... je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
*
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.


Valéry
Le vent se lève ! il faut tenter de vivre...
*
La mer, la mer, toujours recommencée !


Homère
Zeus : Ah ! Misère !... Ecoutez les mortels mettre en cause les dieux ! C’est de nous, disent-ils, que leurs viennent les maux, quand eux, en vérité, par leur propre sottise, aggravent les malheurs assignés par le sort.
(...)
Athéna, la déesse aux yeux pers, protectrice de l’inventif Ulysse, sortie toute casquée d’airain du crâne de Zeus son père...


Apollinaire
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine
...
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
*
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir.


Rimbaud
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs ;
Des Peaux Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayants cloués nus aux poteaux de couleurs.
...
... où un noyer pensif parfois descend.
*
Voilà plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
...
... couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
*
Ô saisons, ô châteaux !
Quelle âme est sans défaut ?


Dante
Toi qui entre ici abandonne toute espérance


Villon
Frères humains qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
...
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
*
Qui beauté eût trop plus qu’humaine ?
Mais où sont les neiges d’antan ?


Du Bellay
Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage,


Ronsard
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.


Aragon
Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils venir s’y mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’en perds la mémoire
*
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux
...
Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux
...
Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux.
*
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
...
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?


Nerval
Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie ;
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.


Mallarmé
Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui...
*
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres


Baudelaire
... le vert paradis des amours enfantines
*
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
*
... les merveilleux nuages
*
J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.
*
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs.


Barbara
Il pleut sur Nantes... donne-moi la main


Virgile
Arma virumque cano...


Caton
Delenda Cartago est.


Racine
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
*
Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix,
Souffrez que j’ose ici me flatter de leur choix
Et qu’à vos yeux, Seigneur, je montre quelque joie
De voir le fils d’Achille, et le vainqueur de Troie.


Calderon
La vie est un songe


Shakespeare
Le songe d’une nuit d’été
*
To be or not to be... Hey ! that’s the point (1606)


Le Lieur (XVe siècle)
Cuisse qui a bien la puissance
De faire tendre et débander
Et incontinent rebander
...
Cuisse, chef d’œuvre de nature.


Prévert
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
...
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
...
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.
*
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
Tout doucement
Sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis


Kessel
Belle de jour


Verlaine
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.
*
O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
*
A cause, à cause d’une femme.


La Fontaine
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous côtés au soleil exposé


Brel
Ils parlent de la mort comme tu parles d'un fruit
Ils regardent la mer comme tu regardes un puits
Les femmes sont lascives au soleil redouté
Et s'il n'y a pas d'hiver, cela n'est pas l'été
...
La pluie est traversière, elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise, le temps s'immobilise
Aux Marquises


Eluard
Bonjour tristesse
*
Liberté
...
Sur le sable, sur la neige
J’écris ton nom


Bernard
J’ai vingt-six ans, mon vieux Corneille
Et je t’emmerde en attendant.


Richepin
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameur sur un fleuve inconnu.
...
Regardez les passer! Eux ce sont les sauvages,
Ils vont où leur désir le veut : par dessus monts
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons
...
Mais ils sont avant tout des fils de la chimère,
Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.


Camus
Bien pauvres sont ceux qui ont besoin de mythes.
*
Au printemps Tipasa est habité par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couverte de fleurs et de lumière à gros bouillons dans les amas de pierre. A certaines heures, la campagne est noire de soleil.


Brassens
Auprès d'une sirène, une femme-poisson
J'ai reçu de l'amour la première leçon
...
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances.
*
Je garderai toujours le souvenir content
Du jour de pauvre noce où mon père et ma mère
S’allèrent épouser devant Monsieur le Maire.
*
A l’assaut de chefs-d’œuvre ils veulent tous courir
....
Voir votre académie, madame, et puis mourir !


Dabadie
Femmes, je vous aime,


Zweig
Mais même nue, tu ne m’as pas reconnue.


Héraclite
Ce qui est est, ce qui n’est pas n’est pas.

Et à chacun de faire son choix, d’écrire son univers poétique comme on le fait avec la musique, les chansons... un air, quelques notes souvent, un timbre de voix suffisent pour dire des choses cachées.
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