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Mon âme, ce champ de bataille

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Flow'

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Ça commence comme ça, quand l'enfance est encore là
Mais qu'elle commence à s'en aller, pas à pas
L'âge adulte vient tout bousculer
En pointant son nez
Mais l'enfance tire de son côté
Et voilà mon âme déchirée
Déjà le matin, un petit bouton apparaît
Nous semble énorme, comme si une loupe y était collée
Nous les filles, sur la balance n'osons plus monter
Ni dans le miroir nous regarder
Les mecs, de leur côté
N'ont cesse de se vanter
Le regard des autres nous semble douloureux
On voudrait se cacher, se soustraire à ces yeux
On se sent épié, insulté
On devient parano, on se sent visé
Mais il y a aussi cette vanité
Ce souci de beauté
On passe des heures devant une armoire
Toutes les cinq minutes à se maquiller devant un petit miroir
SMS, Chat, Facebook, MSN
Ce nouveau PC qu'il faut que j'étrenne
Tout ce qu'on rêve d'avoir pour faire comme les autres
Mais en même temps être différents
Trouver ce style qu'est le nôtre
En voulant ressembler aux autres gens
Feuilleter les magazines avec espoir
Sans pour autant comme eux se voir
On dort tous le matin jusqu'onze heures comme des loirs
Car le soir on s'est tous couchés très très tard
Il y avait cette super série trop bien à ne pas manquer
Qu'évidement comme tout le monde on a regardé
Le lendemain, aucune envie de travailler
On retournerait bien sur nos oreillers
Paresse chaque jour, chaque matin
On rêve d'être adulte, se prendre en main
Conduite accompagnée, carte de crédit
Mais on aime bien aussi notre lit
Qu'on touche à notre amour-propre, et nous revoilà partis
De retour dans la cour de récré, cinq ans et demi
A se renvoyer des piques, des idioties
Avec un vocabulaire tout de même plus fourni
Mais malgré tout, l'histoire reste la même, se répète sans cesse
Toujours ces joutes verbales sans délicatesses
Mais aussi ces fous-rires sans vraiment de fondement
Qu'on pouvait avoir étant enfant
Et la journée je ris, ris, ris,
Encore et encore avec mes amis
Mais le soir, sans savoir pourquoi
Je me mets à pleurer, pleurer encore, comme ça
Je cherche un peu, trouve une raison
Mais ce n'est pas vraiment ça
C'est plus loin, plus profond
Pas ceci, ni autre chose, ni même cela
En fait, je crois que c'est un peu des trois
On change d'avis toutes les secondes
On passe du coq à l'âne, de la voiture au micro-onde
On est comme ça, nous, les ados
Ces grands benêts à l'air gauche et un peu idiot
On a un corps qui va trop vite
Dont on ne sait que faire
Une âme un peu en fuite
Mais on ne peut revenir en arrière
Notre pensée sert de champ de bataille
A l'enfance qui vainement contre la maturité ferraille
Peu à peu, l'enfant en nous s'éloigne
L'adulte en nous s'installe
Mais parfois, une frimousse
Effrontée, à la tignasse rousse
Pointe le bout de son nez
Et vient nous titiller
Ce petit diable qu'on aime tant
Cet éternel môme nommé Peter Pan
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