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Mme. Henry

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Peter Reijnen

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Je vois que vous êtes passée par là.

Je vois la peinture écaillée,
Sur la poignée de la fenêtre à simple vitrage,
Fermeture à gueule de loup.

Je vous suis à la trace,
Quand j'observe les barreaux aux bas des chaises de votre bistrot.
Ils sont devenus si fins.
Polis par la terre collée aux milliers de souliers,
Des passants et des habitués,
Qu'ils en sont au point de rupture...

Je vois les petites maisonnées de la Sologne,
Leurs briques me rappellent le Nord...

Je vois la fatigue sur votre visage 'Madame Henry',
Mais il y a encore cette timide étincelle,
Je regarde bien,
Je la vois au fond de vos mirettes.

Vous me servez une bière rousse,
Vous me racontez comment à la guerre,
Tu traversa la Loire,
En portant ton vélo à l'épaule,
Oui, je sais,
Je passe du vous au tu,
En dépit des règles,
Je m'octroie,
Ici, ce droit.

Sans pont, la vie continue...
Mme. Henry est usée,
Mme. Henry est contente de l'être,
Car si elle est usée ainsi,
C'est que la vie lui a rendue Grâce,
Elle traversait la Loire,
En portant son vélo,
Sur ses épaules,
Puis je me dis,
Il n'y a pas de mal,
A s'user ainsi,
C'est la Vie.

Nouan le Fuzelier
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