Métamorphoses(5) : Orphée

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Jacob et les mots sauvages (8), En majesté et en beauté(26), Sketches à tout faire (37), Peines de coeur, Oh ! A peine (24), Autour du neuvième cercle (12), Alice au fil des jours (22) Pimousse ... [+]

Eurydice qu'un serpent piqua
Mourut

Orphée
Aux Enfers la réclama

Le roi du sombre royaume
Lui accorda cette grâce
Mais Orphée qui ne devait pas se retourner
Se retourna
Et perdit à nouveau son Eurydice

Sur une colline
Il chanta sa douleur

Les arbres l'écoutaient
Et firent cercle
Autour de lui

Il y en avait avec des épines noires
Qui empennaient leurs branches
Comme des flèches
D'autres avec des frondaisons
Plus dures que des boucliers
D'autres dont l'écorce
Etait mortelle
Et qui réunissaient leur tronc
En d'infranchissables enclos

Mais tous pleurèrent
Des larmes de sève

Et ce chagrin adoucit leur sauvagerie

Alors on vit naître
De ces corps grossiers et rudes
Le saule qui se penche comme un vieillard
Et pourtant demeure si vigoureux
Qu'il caresse aussi bien
Les eaux que la terre
Le chêne au front puissant
Qui dans sa toile de feuilles innombrables
Retient captif le soleil
Le platane à la peau d'argent
Qui ombrage nos chemins pierreux
Le laurier musqué
Couleur de chair rose
Ou plus blanc que le plus lumineux des fards
Et qui buissonne
Comme les boucles d'une chevelure
Et puis la vigne
Tordue et rabougrie
Qui chaque année
Fidèlement
Donne ses trésors


Car les arbres, savez vous,
Immenses ou frêles
Sont le chant de la terre
Et la musique du ciel.
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