Matricide

il y a
1 min
46
lectures
8

Ecrire pour laisser s'exprimer ses émotions passionnées. Laisser sortir ses monstres, avant qu'ils nous ne dévorent, apprendre à les aimer et en admirer la beauté  [+]

D'une caresse sur ton front, elle balaie tes chagrins,
De son charmant sourire, elle égaye ton destin.
Son regard bienveillant et son pardon te lavent,
De chacune de tes hontes, de tes fautes les plus graves.

Depuis ton premier jour, elle n’a jamais cessé,
Pour toi et ton bonheur, de se préoccuper.
Son amour absolu, est inconditionnel.
Alors comme celui-ci, tu la penses éternelle.

Puis les années défilent et la vie s’accélère,
Tu grandis mais demeure, ce besoin de ta mère.
Tes déceptions de femme à présent elle guérit.
Néanmoins tu le vois : elle aussi a vieilli.

Plus son sourire se ride, plus ses souvenirs se fanent,
Et avec sa mémoire, une part de toi s’évade.
Plus personne à présent ne pourra te conter,
Cette enfance que toi-même, tu avais oubliée.

La maladie la gagne et progressivement,
La femme qui t’a portée redevient une enfant.
Les rôles alors s’inversent, de toi elle a besoin.
Celle qui te consolait cause maintenant ton chagrin.

Ce néant dans sa tête tue ton admiration,
Laissant place à une triste et sincère compassion.
Lorsque tu la regardes, tu ne la reconnais plus,
Vous êtes devenues, de banales inconnues.

Retrouver dans ses yeux, son amour tu espères.
Mais il n’y a plus rien. Cette femme a tué ta mère.
Tu évites ses regards, puérils et amusés,
Car quelques fois ses yeux, tu aimerais arracher.

Tu te traînes ce boulet qui doucement te détruit,
Cet encombrant fardeau dévore ton énergie.
Et tu vois sur ton corps, des rides qui apparaissent.
Elle t’a volé ta mère et maintenant ta jeunesse.

A cause de cette sorcière, tu regardes ta vie fuir,
Alors même son visage, tu commences à haïr.
Et perfide, en secret, tu veux qu’elle disparaisse,
C’est elle qui doit mourir, afin que tu renaisses.

Un soir avec une lame, tu t’approches de son lit,
D'un coup sur sa poitrine, tu lui ôtes la vie.
La vue de son esprit qui s’envole te libère,
Tu la fixes et enfin, tu reconnais ta mère.
8
8

Un petit mot pour l'auteur ? 2 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Nili ROBERTS
Nili ROBERTS · il y a
Bravo pour ce poème déchirant qui se lit comme une tragédie.
Image de Zoé B
Zoé B · il y a
Merci Nili pour ton commentaire qui me va droit au cœur !

Vous aimerez aussi !