Marée noire

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De vous à moi... Bonjour je viens à vous Au détour de ces pages Pour vous parler de vous De moi et d'un voyage Au pays des pensées Des fortes émotions J'ouvre mon cœur, entrez ! Et ... [+]

Image de Grand Prix - Eté 2017
Image de Poèmes
L’oiseau est mort noirci et le bec englué,
Sur la croûte durcie du pétrole échappé,
De ce bateau géant perdu dans la tempête,
À l’ouest d’Ouessant et dont les flancs rejettent,
L’or noir spéculatif devenu un bouillon,
Planté sur un récif, haï par les Bretons.

Le « King » était vétuste, rouillé sous sa peinture,
Affrété au plus juste, armé par une ordure,
L’hydrocarbure visqueux sentant l’antre du diable,
Exhalant le mafieux et les dessous de table,
Trop mal entretenu, son équipage en solde,
Tournoyant dans ce jus, noyé dans « le black-gold ».

Inexorablement les vagues vont noircir,
Les rochers s’engluant d’un vomi à venir,
Les crabes et crustacés vont être ensevelis,
Par l’horrible diarrhée d’un pétrolier pourri,
L’armateur assuré payé par l’assurance,
Le crime dédommagé... impunie... la finance.

Quelques phoques asphyxiés remontent à la surface,
Puis se laisse couler vaincus par la mélasse ;
Par centaines les oiseaux, luttent, battent des ailes,
Pour sortir du tombeau, pour rejoindre le ciel,
Des ficelles de goudron les maintenant sur l’eau,
Leur incompréhension, silencieuse, en sanglots.

La houle devient plastique, l’air est irrespirable,
Sur l’algue le toxique, sous la mer l’ineffable,
L’ire des marins-pêcheurs, dans leurs veines, bouillonnant,
Saisis d’un haut-le-cœur, la catastrophe œuvrant,
Le sable se couvrant de la folie des hommes,
Le profit, seul, content... les regrets pour la forme.

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