Ma troisième fenêtre.

il y a
1 min
112
lectures
30

" Garçon de quoi écrire Et naissaient à nos pas L'antilope-plaisir Les mouettes compas Les tamanoirs de la tristesse Images à l'envers comme on peint les plafonds " - Louis Aragon A force  [+]

Salut à toi, ô ma troisième fenêtre
Te voilà bien, dans mon matin
La plus accueillante,
La plus exubérante et volubile aussi
Comment ne pas entendre la lumière
Quand se tait le monde et que glougloutent
Enfin les petits soleils jusqu'à inonder d'insouciance
Mon atelier-bureau et son fantasque bazar
Y a même là, des poches à oublis...


- Mon antre au vert, ma tête aux champs
et mes rimes aux pieds des aubaines -
Tout en moi, vagabonde...
Par delà mes laissés-pour-compte
Et autres pis-allers des ombres en coin

Diantre !
"Il ne faut jamais faire aujourd'hui
Tout ce qu'on peut encore remettre à demain "

Demain est un autre jour
Et lui garder de l'ouvrage,
C'est gager, justifier, assurer,
J'en ferais bien le pari,
La pérennité de ce lendemain-là!

Il faut à mes -après- des perspectives attachantes
Rien qui ne détache les horizons !
Il faut à mes plus tard
De ces fabuleux prétextes tout endimanchés
De ces fichus trésors tout en brouillon de lumières
Qui sans vergogne et sans l'ombre d'un doute,
Attendent, ici, béats de paresse
Pétris de bien-être
Les heures chaudes et perdues
Qui tout à leurs aises,
Se posent,
Se baignent,
Se prélassent en plein milieu
De cette flaque de soleil que déverse ma fenêtre
Sur mon linoléum trop vague de gris...
Marée haute de mes tant pis d'or

L'alibi est décidément bien trop bon,
Pour enfin, laisser au temps
Le loisir de ne rien faire, et à moi,
Celui de m'ébattre le coeur dans un brin d'euphorie.

Cette petite pièce au fond du couloir,
- Ma remise d'instants... flottants
Chavire-doux entre deux lignes de fuite-
Cet endroit a tout de l'antichambre de l'espoir
Quand son fatras impénitent
Vogue et sans galère
Invente et justifie jusqu'à .. l'in-fini !

Ma fenêtre ainsi grande ouverte
A des allures décalées d'improbables
Et sur des morceaux de présent
Traîne même le bout des passés
Pourtant, j' en suis sûre, je le sens
Tout reste avenir...

Malgré le rabat-joie des vents contraires
Ou les épines de roses qui poussent
A l'envers des printemps,
Une sorte de quiétude immuable règne ici
Que je n'ai juste pas envie de déranger !

Et si, derrière moi, je ferme la porte
de ce lieu magique où parle la lumière
Je crois bien, que de l'autre côté
Patientera le temps libre
Des mille et une choses... à faire
Et puis, le soleil, le soleil, tout ce soleil
Qui toujours,
Sans conscience ni bonne, ni mauvaise
Me guettera, m'attendra
Dans le jour d'après celui-là
Pour encore m'éclabousser de son rire clair !

30

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !