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Ma place

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Sandrine Bandini

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Je suis née dans un monde où je n’ai pas ma place.
Depuis toujours je cherche cet endroit où, peut être,
Avec un peu de chance, du temps, de la patience,
Je me sentirai une, en paix, où, en conscience
J’habiterai enfin chaque partie de mon être
Et sortirai sans peur de ma prison de glace.
Mais les années passant, l’hiver devient plus froid,
Et la cage où l’oiseau se sentait prisonnier
Est devenue le nid solitaire et douillet
Qui lui dit chuchotant : « Bel oiseau reste là... »
Alors je reste là regardant d’un œil triste
Le temps voler au loin, me montrant le chemin
Que mes ailes glacées n’osent plus emprunter
De peur de perdre encore, ou peut être même enfin,
Mon âme et mes espoirs en descendant jouer dans ce grand cirque humain
Avec son jeu de piste....
Quelqu’un peut il me dire si, à l’instant précis
Où je me jetterai corps et âme dans la vie,
Je serai rattrapée par une main aimante,
Ou retenue encore par mes peurs incessantes ?
« Saute » me dit la voix qui, depuis quelques temps,
Me réveille le matin en secouant la branche
Où mon nid vieux et frêle et qui a fait son temps,
Ne tient plus qu’accroché par des peurs illusoires
Que le soleil nouveau fait fondre , me laissant croire
Qu’il n’y a aucun risque à ce que je me penche.
Lassée de toutes ces craintes et prête pour le grand saut,
Je soulève à deux mains mon cœur si lourd de peine
Et réalise soudain qu’il bat fort, qu’il est chaud
Et que toutes ces angoisses n’étaient donc pas les siennes.
Je pensais, bien à tort, avoir le cœur brisé
Alors qu’il a toujours, et par tous les moyens,
Essayé de me dire qu’il n’y a pas plus sourd
Que celui qui se croit incapable d’entendre.
Sa place est là, en moi, et la mienne en ce monde....
Et c’est en refusant de l’aimer, de la prendre
Que j’ai fermé la porte, ignorant mon destin ;
Pendant que tout ce temps et sans que je le sache,
Il grimpait, silencieux, à l’arbre où je me cache,
Me prendre par la main pour m’emmener enfin
Au-delà de mes doutes, au milieu de mes pairs
Y embrasser la vie, aimer, rire et me plaire.
Là où j’ai toujours su que je serais heureuse,
Rayonnante de vie, libérée et joyeuse.
Là où plus rien ne peut m’empêcher de voler
De déployer mes ailes sous le vent de l’Amour
Pour partager enfin avec tous ceux qui passent
Le bonheur d’être içi, dans mon cœur, à ma place.
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Zurglub · il y a
Très chouette poème ! Poignant, porteur d’espoir, bien rythmé... chouette, quoi !
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