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L’ENFANT (1882), d'après Maupassant

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Charles Dubruel

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Après avoir longtemps juré
Qu’il ne voulait pas se marier,
Jacques de Pontavis
Avait soudain changé d’avis.

Étendu sur la plage,
Il regardait les jolies baigneuses
Marcher le long du rivage.
(On le disait viveur et sensuel.)

L’une d’elles, Dorothée Laniel,
Sans doute la plus voluptueuse,
Retint son attention...
Qui se transformera vite en passion.
Il demanda bientôt sa main à ses parents
Qui hésitèrent un moment
Connaissant la vilaine réputation
De Jacques et en particulier
Sa dernière liaison.

Le soir des noces, les jeunes mariés
S’étant retirés du bal de bonne heure,
Savouraient leur bonheur
Quand on frappa à leur porte.
Une femme de chambre accorte
Remit à Jacques un pli
Qu’il lut aussitôt. Saisi de peur,
La peur mystérieuse des brusques malheurs,
Timidement, il dit :
-Ma chérie,
C’est...c’est mon meilleur ami...
Il a besoin de moi de façon fortuite,
Permettez-moi de m’absenter...
Je reviens tout de suite...
Enfin...sans tarder. »

Jacques se précipita dans l’escalier.
Dans la rue, il relut le papier :
‘‘Mademoiselle Marie Besse,
Votre ancienne maîtresse,
Vient d’accoucher. Elle prétend
Que vous êtes le père de son enfant.
L’hémorragie n’a pas cessé
Malgré mes soins. Elle risque de mourir
Et vous implore de venir
Avant qu’elle n’ait trépassé.
Docteur Jean Testard.’’

Une demi-heure plus tard,
Jacques était introduit par la servante
Dans la chambre de la mourante.
Elle demanda à son amant :
-Ne me quitte pas maintenant.
-Sois tranquille, je reste avec toi.
-N’abandonne pas notre fils, promets-le-moi.

Marie demeurant immobile sur son lit,
Le médecin déclara : -C’est fini !
Jacques prit le bébé dans ses bras
Et rentra.

Dorothée courut à lui : -Qui y a-t ’il ?
Dites, que se passe-t-il ?
Jacques, l’air fou, balbutia :
-Il y a...Il y a...
Que j’ai un fils,... ce bébé.
Sa mère a succombé
Des suites de son accouchement.
J’ignorais qu’elle attendait un enfant
Car...j’ai rompu il y a longtemps.
...C’est le docteur Baran
Qui tout à l’heure m’a écrit.
-Eh bien, nous l’élèverons, ce petit !
S’exclama Dorothée
D’un ton décidé.
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Charles Dubruel · il y a
merci, Francine, pour votre gentil compliment.
P.S : il me faut parfois (ou assez souvent ) changer les noms et les prénoms originels, "rapport" à la rime !!

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Francine Lambert · il y a
Cette histoire aurait pu se terminer en drame mais Maupassant a fait de Berthe (Dorothée) une jeune femme de caractère que l'on ne peut qu'admirer, et son mari volage n'a plus qu'à bien se tenir. . . J'ai apprécié de retrouver dans votre poème tous les éléments qui font l'intérêt de cette nouvelle réaliste, jolie performance que cette transposition ! Au plaisir Charles !
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Françoise Grand'Homme · il y a
Oui, visiter Maupassant c'est faire de belles balades.
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Charles Dubruel · il y a
merci, Vivian. je ne peux que répéter ce que je dis à l'ami Duje , ci-dessous
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Charles Dubruel · il y a
les nouvelles de Maupassant sont des moments de littérature délicieux.
il n'y a pratiquement pas de déchet

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Duje · il y a
Que d'aventures harmonieuses chez Maupassant .
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Vivian Roof · il y a
Moi, Maupassant, j'aime bien.
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