1
min

Luth

Image de Pascal Depresle

Pascal Depresle

44 lectures

10

La nuit est bientôt là, tant pis pour les photos,
sur les bords de la Marne, de l’Oise ou de la Seine,
peu importe le cours,
sur les bords de ton coeur, et tes focus éteints,
il pleure des attentes et des lumières passées,
palette d’ocre au rouge qui s’enfuit loin, vers l’ouest.
Trop tard pour aujourd’hui.
Reste la nuit qui appelle.
Comme une vague qui se retire.
Le nuit est bientôt là, pas de cafés gourmands
sur les petits bateaux sépia qui descendent la Loire,
peu importe le fleuve,
le ruisseau ou le ru,
sur les bords de ma tasse il est bien tard aussi,
il pleure des envie de dire encore, la vie.
Trop tard pour aujourd’hui.
Reste la nuit qui appelle.
Comme une vague qui se retire.
Des souvenirs qui voguent vers la mer,
aux fanaux si petits, protections illusoires
du temps qui broie, malaxe, digère,
tous ces petits moments de vies,
tout ces espoirs portés de regards inconnus,
des ces regards qui changent de lumière,
d’yeux amoureux brûlés par la fatigue,
le manque de frissons qu’on moque dans un rire,
et le peu d’avenir de ces pontes de nuits,
ces petits œufs perdus,
ceux qui, à peine éclos,
s’en vont crier vers la mer,
s’en vont hurler vers la mère,
rallumer un instant l’espoir d’une caresse.
Maman était tortue, qui m’a abandonné
une nuit de pleine lune dans un monceau de sable,
Luth, me donne un baiser,
l’oeuf , tu le sais, voulait devenir poète,
qui s’en va vers les cris, les vagues et les embruns,
quand les bateaux photos s’écrasent
tout contre les rochers,
que les corps en partance vers des jours d’oublis
redeviennent vivants,
quand ils ne sont plus qu’un,
et vibrent à l’unisson
des tangages et roulis,
de la sueur d’amour qui colle à leurs écailles
et leurs coques de noix qui viennent s’y briser,
qui viennent s’y coller pour naviguer un peu,
encore un petit peu,
juste le temps d’aimer,
juste le temps d’un main tendue,
naufragés de la vie comme on est de la mer,
et qui voient dans les vagues s’allumer des regards
et des besoins de l’autre,
canicule des corps sans boussole
qui cherchaient la lumière.
Maman était tortue, qui m’a abandonnée,
Luth, poète, oui, me donne un vrai baiser,
je nage et cherche mon bateau,
ce petit phare qui ne brille que pour moi,
les écailles fatiguées qui se transforment en peau
pour pour frissonner encore,
une dernière fois,
oui, une dernière fois.
10

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de El bathoul
El bathoul · il y a
Ravie de te retrouver...
·
Image de michel jarrié
michel jarrié · il y a
Bonsoir Pascal. Je n'avais pas lu ton poème. voilà qui est chose faite, avec plaisir.
·
Image de Rita Solis Radius
Rita Solis Radius · il y a
Oh! là là! Quel lyrisme! Vous êtes tout en verve...poétique...Ouh!!! Merci infiniment… ^^
·
Image de Dimaria Gbénou
Dimaria Gbénou · il y a
Sublime poésie. J'aime Luth !En passant, Si vous voulez, Je suis en finale avec " Achou l'amour empoisonné ". Je vous invite.
·
Image de M. Iraje
M. Iraje · il y a
Sur le flot de la mélancolie, ce poème tient la vague ...
·
Image de Isabelle Lambin
Isabelle Lambin · il y a
Un joli poème chargé d'émotions
·
Image de Meriem
Meriem · il y a
Superbe texte ciselé.
·
Image de Jacques Dejean
Jacques Dejean · il y a
Magnifique texte, que j'ai lu, relu et de plus en plus aimé. Merci.
·
Image de Keith Simmonds
Keith Simmonds · il y a
Un grand bravo, Pascal, pour la nostalgie et les précieux
souvenirs où le luth devient cet instrument lumineux d'optimisme
et d'espoir ! Une dernière chance pour découvrir et soutenir
“Didi et Titi” qui est en FINALE pour le Prix Faites Sourire 2018. Merci
d’avance et bonne journée!
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/didi-et-titi

·

Vous aimerez aussi !

Du même auteur