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Louis est au piquet...

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Renaud Maury

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Louis est au piquet, debout contre le mur,
Un bibelot de grès serait tombé par terre...
Mais moi, bravant les lois comme à mon ordinaire
Je vais voir le banni aux yeux d'un tendre azur
Afin qu'à l'ombre terne d'un voilage,
Je glisse un chocolat dans la menotte sage ;

Oh je connais la vie, j'ai vécu tant de choses,
Et je sais distinguer toujours les justes causes ;
Las ! les autorités chargées de la quiétude
De cette maisonnée dans le respect du droit,
S'indignent !
-De votre âge une telle attitude
N'est en rien compatible avec l'esprit des lois !
Car comment voulez-vous qu'un jour l'enfant grandisse
Si vous persévérez à ôter tout crédit
Dès la première instance à grand coups de réglisse
Aux usages fixés mais par vous contredits !?
Cet enfant vous gouverne, et vous n'en voyez rien !
Car très vite il a su jouer de vos faiblesses,
Sachez qu'en promouvant ce goût pour la mollesse
Il deviendra - on sait ! - un piètre citoyen,
Et vous ressemblera !
Mais nous n'en voulons pas ! -

Je tentai de parer en faisant le dos rond,
Je composai aussi sur la forme et le fond,
Promettant d'étouffer en dessous ma moustache,
Ce sourire qui naît quand il faut qu'on se fâche ;
Et tête basse, je dis
- Je le mérite, et qu'on me mette avec Louis ! -
Et de la masse j'entendis,
- Certes, allez ! Vous ne valez pas mieux que lui ! -

Alors, comme un pacte conclu, sa menotte poisseuse
Se blottit dans ma main, lentement, sans éclat,
Et son regard, empli de bonté lumineuse,
Me promit pour plus tard tout plein de chocolat...
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Sylvie Talant · il y a
Un pastiche de "Jeanne était au pain sec" de Victor Hugo. Ce poème, bien écrit, ne se calque tout de même pas sur le style du père Hugo (qui écrit bien, lui-aussi), donc pour le style entre vous deux je dirais "match nul", mais pour le rythme c'est Hugo qui a gagné, il a maintenu les alexandrins d'un bout à l'autre. ;)
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Renaud Maury · il y a
Amie Sylvie, bravo, vous avez reconnu celui qui m'inspire, Monsieur Hugo lui-même ; en effet, le mot pastiche est très juste, puisque cela en est un ; c'est en lisant Jeanne était au pain sec...que j'ai eu envie de l'imiter. Quand à me mettre execo avec lui, vous vous moquez, non ? Je ne puis être comparé à cet Himalaya de la poésie, même si cela me procure un immense plaisir. En revanche, vous allez être une des rares à l'avoir lu, Short Edition l'ayant rejeté hors de la publication, et je ne sais trop pourquoi. Mais bon, c'est pas très important
V. Hugo est pour moi une statue si haute que j'ai peine à voir sa barbe !
En tous cas, merci d'avoir lu, et merci de vos bonnes paroles. Mais vous savez, je n'en suis pas à mon premier coup ; j'ai fais la même chose avec un poème de Hugo (La douleur du pacha) et j'en ai écrit un pastiche, lequel vous pouvez lire, si cela
vous intéresse, toujours sur mon compte sous la rubrique Cédés/exploitées et dont le titre est
Ivan Vassiliévitch Grozny, dit Ivan Le Terrible. Un désespoir russe.
J'ai fait la même chose, j'ai utilisé la trame de Hugo, mais mon héros n'est pas un pacha, mais bien un Tzar.
Merci, et...bonne lecture ?

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