L'étendard

il y a
23 min
60
lectures
16

Toute ma vie a été bercée par la littérature, la poésie, et le théâtre. J'ai pris la plume très tôt, et bien que légère elle donna du poids à mes mots, qui devinrent des récits, des  [+]

Les matins de nos regards
S'estompent dans l'horizon,
Froissant le ciel, notre étendard,
Et son cortège de blancs moutons.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Scène 33 : expérimentation 4.

Situation : Intervention de police. De retour du cimetière, en ramenant Edward chez lui, Ronny assiste à une tentative d'agression. Il coince un homme qui met les mains en l'air après avoir jeté son arme dans un cul de sac et se fait poignarder. Edward le laisse mourir et l'appel avec l'Ikone.
Lieu : Quartier Nord de Milwaukee. Metcalfe Park. Croisement N 34 St -58 W Wright Street.
Personnages : 4
Ronny BALDWIN
Edward STENFIELD
Diego JUAREZ : agresseur armé.
Automobiliste.

 

Choqués, hagards, sonnés après le dernier événement surnaturel qu'ils viennent de vivre, Ronny et Edward reprennent la route.

 

— Edward bordel de merde !!! Je suis en train de devenir fou !!! Ces choses qui se passent ne devraient pas se passer. Il ne devrait pas y avoir de vie après la mort !!! Les fantômes n'existent pas Edward !!! Et pourtant... ils sont là, présents, autour de nous, ils sont là... si ce n'était pas pour l'argent que vous m'avez promis, si vous ne m'aviez pas proposez de m'associer à vous et de vous aider pour vos expériences, de devenir un homme riche, je vous dirais d'aller vous faire foutre vous et votre téléphone de merde !!! Je fais ça pour le fric Edward, je fais ça parce que ma carrière de flic est au point mort, mais je vous le dis en toute honnêteté, votre Ikone 638 est une malédiction pour le monde ! S'il n'y avait pas des milliards à la clé, je vous aurais demandé de le détruire !
— Ronny, tout le monde se pose la question de savoir ce qu'il y a après le mort, ce que l'on devient lorsque le cœur cesse de battre, et nous avons la réponse, Ronny, nous avons la réponse qu'aucun scientifique au monde n'a pu apporter ! Pensez à tous ces gens à qui ce mobile rendra service, une fois amélioré ! Pouvez-vous me me déposer chez moi, s'il vous plaît ?
— Pas de problème, je dois aussi rentrer me refaire une beauté.
— Et pour notre dernier test sur une personne fraîchement tuée ?
— Dès demain je vous emmènerai faire un tour par Metcalfe Park. Il y a une guerre des gangs sans merci. C'est l'un des quartiers les plus dangereux des États-Unis. La police n'y vient jamais. Le droit n'y a aucun droit. Tenez, on va le traverser pour aller chez vous, vous allez vous faire une petite idée. Je suis sûr que vous n'y avez jamais foutu les pieds !
— Oh non ! Jamais ! Qu'irai-je faire dans ce coupe-gorge ?
— Voilà, je prends à gauche, on est à l'angle de la N 34 St -58 W Wright Street. Ici, l'espérance de vie d'un homme seul, qui n'est pas du coin, est de quelques heures, si vous avez une plaque du Canada, elle n'est plus que de quelques minutes... hey !!! Merde !!! Un mec se fait braquer !!!

 

Une Buick venait de s'arrêter au feu rouge de l'autre côté de la rue. Un homme armé fit soudainement irruption en pointant son arme sur le pare-brise, mais la voiture démarra en trombe aussitôt, manquant renverser l'agresseur. Celui-ci se releva et poursuivit la voiture en courant, sans tirer de coups de feu. L'inspecteur BALDWIN immobilisa sa voiture au coin de la rue et en descendit, pistolet au poing. Il se lança à la poursuite du malfaiteur.

 

— Restez-là Edward, ne bougez surtout pas !
— Ne me laissez pas là, vous êtes malade ! Je viens avec vous !
— Je vous l'interdit !!!

 

Ronny courait derrière le malfaiteur, et Edward le suivait. Les passants s'écartèrent de leur chemin, certains furent bousculés et tombèrent à terre. Une course poursuite effrénée à travers les rues de Metcalfe Park s'engagea. Le belligérant pris une impasse et se retrouva devant un grillage qu'il tenta d'escalader, en vain, il chuta sur le sol et se releva, quand, rattraper par les deux hommes et mis à jour par Ronny, il s'écria :

 

— Ne tirez pas, Hombre, por favor, ne tirez pas !!! Es un arma de plastico ! No me mates !
— Qu'est-ce qu'il baragouine ce latino de merde ?
— Il dit ne me tuez pas c'est une arme en plastique !
— Jette ton arme connard ! Vite ! Et mes tes mains en l'air bien en évidence !!!

 

L'homme, une vingtaine d'années, le teint basané, portait une queue de cheval nouée par un catogan. Il était de taille moyenne, vêtu d'un tee shirt blanc, d'un jean et d'une paire de baskets. Il tremblait et paraissait terrorisé.

 

— No me mates, por favor, no me mates !!! Soy Diego JUAREZ
— Mets tes mains en l'air, dépêche toi !
— Butez-le Ronny, il le faut ! Vous n'êtes pas censé savoir que c'est une arme en plastique, butez-le !
— Je comptais trouver un homme à peine mort, pas buter quelqu'un, je suis flic, vous êtes malade Edward !!!
— Vous voulez risquer notre peau ! Lui, c'est sans danger ! Butez-le !
— Solo soy un estudiante mexicano, no queria matar a nadie, solo queria algo de dinero, por favor, no me mates !

 

Une immense tension s'installa entre les trois hommes. Le malfaiteur posa ses mains sur la tête.

 

— J'ai dit mes tes mains en l'air, connard, pas sur la tête, en l'air !!! Vite !

 

En un éclair, de manière inattendue, le latino, en levant ses deux mains en l'air, glissa sa main droite dans sa queue de cheval, en saisit un couteau, et dans la continuité du geste le lança en direction de Ronny en se jetant au sol. Touché en pleins poitrine, Ronny s'effondra et un coup de feu retentit. L'homme sortit un autre couteau de sa chaussette et menaça Edward, qui se saisit de l'arme, fit feu et le manqua. Il réussit à prendre la fuite. Les deux hommes étaient désormais seuls. Ronny, couché au sol, expectorait beaucoup de sang. Sa respiration était sifflante.

 

— Edward... aide-moi... je vais mourir... appelle les secours... vite...
— Quels secours Ronny ? Quels secours ?
— Edward... ne fait pas ça... pitié... j'ai mal... je vais crever...
— Oui Ronny, tu vas crever... et après je vais t'appeler... je t'avais dit de buter ce latino de merde, hein ??? Je te l 'avais dit !!! Tu as joué les grands flics plein de moral, et maintenant, c'est lui qui t'a buté !!! Tu es vraiment trop con mon pauvre flic ! Ce mexicain mérite une médaille. Non seulement, je vais avoir un cadavre pour mon dernier appel, mais en plus, je n'aurais pas à partager avec toi ! Bingo ! Qu'est-ce que tu croyais flicaillon de mes deux ? Que t'allais devenir l'associé de monsieur STENFIELD, hein ? Toi le pauvre flic de merde tu te voyais riche ?

 

Ronny n'écoutait plus. Il venait de rendre son dernier souffle et gisait au sol , les yeux grands ouverts, dans une marre de sang. Agenouillé auprès de l'Inspecteur BALDWIN, Edward posa son arme au sol, regarda autour de lui, et extrait l'Ikone 638 de son holster. Il prit ensuite le portable de Ronny, trouva un selfie, activa le bluetooth et le téléchargea, puis lança l'appel. Une vibration parcourue son corps, et le sang de Ronny se mit à entrer en ébullition.

 

— Pardon Ronny pardon mon vieux, maintenant tu n'es plus un flic de merde...
— Je te pardonne Edward.
— Ta voix est claire, pourquoi ?
— Parce que je suis dans mon corps, je suis encore sur une fréquence humaine... c'est merveilleux Edward c'est merveilleux !
— Qu'est-ce qui est merveilleux Ronny ?
— Le sens de la vie... la compréhension totale du sens de la vie. Plus de questions, que des réponses. La paix absolue... je n'ai pas de haine. Je te pardonne.
— Es-tu seul, que vois-tu ?
— Ma vie... comme au cinéma. Elle défile devant moi. Tout est amplifié. Des événements me font honte, d'autres me rendent fiers, mais tout n'est qu'amour.
— Tu dis qu'il n'y a plus de questions. Que ressens-tu quand je t'appelle, que vois-tu Ronny ?
— Quand tu m'appelles, des ondes m'enveloppent, et je suis retenu dans une bulle. Je vois ton image. Les manifestations surnaturelles ont lieu quand une âme est trop loin de son corps. L'âme ne peut répondre, et créée une sorte de clone d'elle-même, qui voyage comme une onde radio pour venir dans le monde des vivants. Si cette onde est assez forte, porté par l'amour qu'il y a dans l'âme, le clone parvient à communiquer en se connectant à la fréquence 638 de l'Ikone. Si l'onde n'est pas assez forte, car affaiblit par la haine ou la colère, elle est intercepté par d'autres entités maléfiques, aux vibrations plus basses, qui s'introduisent à l'intérieur et parlent à sa place, et réussissent à entrer quelques instants dans le monde des vivants en créant un champ ectoplasmique.
— Fantastique !!!
— Non ! Tu perturbes des lois divines. Les entités maléfiques sont très fortes. La barrière entre l'au-delà et le monde est très fragile. L'Ikone apportera le malheur sur Terre.
— Comment faire pour éviter aux entités d'intercepter...
— Il vient me chercher ! Il est immense !!!
— Ronny, réponds, comment faire ?
— Adieu mon ami, mon seul ami. Je t'aime.
— Ronny !!!

 

La communication s'interrompit. Le sang s'arrêta de bouillonner. Aucune manifestation surnaturelle ne se produisit. Affolé, Edward regarda une dernière fois autour de lui. Il rangea son Ikone, prit l'arme de Ronny, la carte mémoire de son smartphone et les clefs de sa voiture restées dans sa poche.

— Il faut que je regagne la voiture avant de me faire buter et voler l'Ikone. Il faut que je barre de là et que je me débarrasse de ce flingue. Il rangea le pistolet derrière son dos et se mit à courir en direction de la Ford.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Scène  34 : La fuite.

Situation : L'inspecteur BALDWIN vient d'être blessé mortellement au couteau par un malfaiteur. Après l'avoir laissé mourir sans prévenir les secours, pour le bon déroulement de son dernier test avec l'Ikone 638, Edward quitte la scène du crime avec le pistolet de Ronny.
Lieu : Quartier Nord de Milwaukee. Metcalfe Park. Croisement N 34 St -58 W Wright Street.
Personnage : 8
Ryan.
Edward STENFIELD
Groupe de personnes : 4
Conducteur de la Camaro : 1
Passager de la Camaro : 1

 

 

Edward arrive au coin de la N 34 St et prend place de la Ford de Ronny. La voiture refuse de démarrer. Elle toussote quand le contact est mis.

 

— Merde manquait plus que ça ! Putain tu vas démarrer bon sang ! Saloperie ! J'aurai du prendre ma BM !

 

Dans les rétros il aperçoit un groupe de personnes qui se rapprochent à vive allure. Le moteur repart et il s'extirpe de la 34 st à toute allure. Il grille le feu rouge et deux voitures, venant de gauche et de droite manquent le percuter au carrefour et freinent brusquement.

 

— Calme-toi Edward calme-toi ! Se raisonna-t-il à haute voix. Il est où ce satané GPS je suis paumé dans ce patelin quartier de merde ! Ah, c'est pas trop tôt ! Faut que j'aille au lac Michigan balancer cette merde de flingue !

 

Une voiture, crachant deux-cents watts de rap, avec à son bord deux jeunes aux cheveux longs et bouclés, au teint mate, se retrouve arrêtée au prochain feu rouge à côté sur la guauche de la Ford.

 

— T'as des problèmes, Gringo ? T'es perdu dans la jungle ? Tu veux que je fasse une visite guidée ? Ha ! Ha !
— C'est toi qu'à un problème métèque de mes deux ! Retourne chez ta guenon de mère apprendre à faire des grimaces ! Éructa-t-il en pointant le pistolet vers lui.
— Oh ! Il veut jouer le dur le gringo ! Hijo de puta ! La puissante Camaro démarra sur les chapeaux de roues au feu vert, un doigt d'honneur en guise de salut par la vitre conducteur, et le laissa sur place, avec un nuage de fumée blanche du aux crissements des pneus sur le bitume.
— Enculés de chicanos de merde !

 

Edward reprit sa route, et, vingt minutes plus tard, fit une halte au bord du lac Michigan. En s'assurant de n'être observé par personne, il jeta l'arme et reprit la route.

 

— Je dois laisser cette caisse quelque part, clefs sur le volant pour qu'elle se fasse voler. Je rentre chez moi en bus, sinon ces flics de merde vont me pister.

 

Edward essuya le volant avec un mouchoir en papier, et quitta le véhicule en rejoignant un arrêt de bus. Avant même de l'avoir atteint la Ford Fusion est volée. Il monte dans le bus et appelle son collaborateur Ryan. Il est assis à la dernière rangée du fond, à côté due jeune femme de dix-neuf ans, aux cheveux roses, écouteurs vissés sur les oreilles, qui mâche un chewing-gum et bouge sa tête au rythme de la musique.

 

— Allo, Ryan !
— Edward, mon vieux, ça fait un bail qu'on t'attend ! On a les huissiers sur le dos, on n'a plus de tes nouvelles ! Tu ne réponds plus aux messages depuis presque une semaine !
— Je t'avais dit que je prenais quelques jours pour trouver une solution !
— Tu as quelque chose ?
— J'ai une idée, je t'en parlerai au bureau.
— Tu rappliques quand ?
— Demain, j'ai quelques trucs à régler.
— J'espère que ton idée est bonne. Si on ne trouve pas une solution, c'en est fini de Com.Inc.Les équipes sont sur les nerfs. Ils ont peur du licenciement, on doit sauver la boite Edward.
— Compte sur moi, Com.Inc c'est mon bébé. Rassure les équipes, fais-leur un discours prometteur.
— Je m'en occupe, rentre bien, à demain mon vieux.

 

Edward raccrocha, et descendit à un arrêt de bus situé à une centaine de mètres de chez lui.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Scène 35 : Réflexion.

Situation : Seul chez lui, Edward visionne l'appel passé à la défunte Jennyfer DAVENPORT à la morgue. Il relate sous forme de notes les conversations avec Jennyfer et Ronny. Il ne comprend toujours pas comment améliorer l'Ikone 638. Il passe la nuit sans dormir, affairé sur son ordinateur, à essayer de comprendre. Au petit matin, il file au bureau.
Lieu : résidence à Milwaukee. 755 Milwaukee St.
Personnage : 1
Edward STENFIELD.

 

— Alors, résumons la situation. J'ai entre les mains la bombe atomique. Si je la lâche sur le monde, il n'y a plus de monde. Si j'en fais un pétard mouillé, je suis milliardaire.

 

Assis dans son canapé, Edward tenait l'Ikone entre ses mains. Il vérifia sa charge, le rangea dans son étui et le posa sur la table. Il sortit de sa poche la carte mémoire du téléphone de Ronny, et l'inséra dans son mobile. Il visionna la séquence du test filmé au cimetière de Forest Home :

 

« Ed... ward... Sten... field...

Vous connaissez mon nom ?

Ouuiii...

Comment ?

Vous... allez... bientôt... entités... colère...

Je vais bientôt quoi ? Quelles entités ???

Mourir...

Je vais bientôt mourir ? Comment ? Quand ?

Bien...tôt...

Quelles entités ? Quelles entités ??? Entendez-vous les gens pleurer sur votre tombe ?

Est-ce que les prières vous aident ? Où va-t-ton après la mort ? Où ? »

Médusé, Edward n'en croyait pas ses yeux. Il vit l'instant ou le sol s'ouvrit sous ses pieds pour l'engloutir avec Ronny, l'intérieur de la tombe, illuminé de vert, la main de Ronny qui frappait sur le couvercle, puis l'éjection à la surface et la chute. Un détail avait attiré son attention. Il repassa la séquence sur le grand écran de la télé, au ralenti. Il vit le gravier et la terre vibrer, puis le visage du défunt Mike Senderson se dessiner au sol autour d'eux. Le diamètre de ce tracé était d'environ deux mètres. Autour de leurs pieds, on vit le contour de la bouche se former sur le sol, puis s'ouvrir, les avaler, et les recracher.

 

— Bordel de merrrrde !!! Qu'est-ce que c'est que ce truc ???

 

Il se précipita sur son ordinateur et passa en revue des dizaines d'articles et de vidéos sur le spiritisme, le transcommunication instrumentale, le monde des esprits, les fantômes, l'au-delà, la réincarnation.

 

— Les chocs en retour ? C'est donc de ça qu'il s'agit ? Mais les chocs en retour se produisent quand un être humain fait une invocation, à l'aide d'un rituel ésotérique, pour contacter les esprits !!! Nous avons utiliser un téléphone pour appeler les morts, bordel ! C'est une machine qui appelle les morts, pas nous ! Ce n'est pas du spiritisme, ce n'est pas de la transcommunication instrumentale, c'est un simple appel passer à une personne décédée ! Les chocs en retour n'ont pas lieu d'être !!! Il est impossible de commercialiser cet appareil en l'état ! Ce connard de Rowan avait parlé d'une dizaine d'années pour l'améliorer ! Il n'est plus là, je ne sais pas comment fonctionne l'Ikone 638, tout ce que je sais, c'est qu'il est impossible de mettre sur le marché un tel appareil. Rowan avait raison. Les changements qu'il provoquerait dans notre monde le mènerait à sa fin. Com.Inc croule sous les dettes. Il me faut une solution pour demain matin. Un coup de poker pour me refaire et je disparais.

 

4 am.

 

Edward interrompit ses recherches et alluma la télé pour écouter les nouvelles :

 

« ... Le corps sans vie de l'inspecteur Ronny BALDWIN, l'un des protagonistes de l'affaire NOVAK, a été retrouvé hier à Metcalfe Park, un couteau planté dans la poitrine. Il n'était pas en mission, on pense qu'il a été victime d'un règlement de comptes. »

 

4.30 am.

 

Edward s'endort sur le canapé.

 

8.00 am

 

Le réveil sonne.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° 

Scène  36 : Retour à Com.Inc

Situation : Edward fait part de son projet pour sauver Com.Inc à son collaborateur Ryan.
Lieu : Com.Inc, 275 Wisconsin Av.
Personnages : 28
Edward STENFIELD
Ryan : collaborateur d'Edward.
Amanda STERLING : chargée de communication
Max : Chef de la sécurité.
Agents de sécurité : 4
Journalistes : 10
Employés de Com.Ink : 10

 

 

8.30 am

 

La rutilante BMW coupée arrive devant l'entrée de Com.Inc Une flopée de journalistes, caméras et micros au poing, se précipitent vers le patron de la firme :

 

— Monsieur Stenfield, confirmez-vous les rumeurs de licenciements et de fermeture de Com.Inc ?
— Vous voulez plaisanter ? Nous allons recruter à tour de bras ! Rendez-vous demain matin au pavillon Quadracci pour une conférence de presse, messieurs ! Entonna Edward d'un air triomphal.
— Monsieur Stenfield !
— Monsieur Stenfield, pouvez-vous nous en dire plus ?
— Monsieur Stenfield, allez-vous commercialiser le nouveau smartphone promis par votre collaborateur ?
— Mieux que ça ! Nous reprenons la production de l'Ikone 638 ! Je vous dévoilerai tous ses secrets demain matin, je vous présenterai sa nouvelle mouture.
— Monsieur Stenfield !

 

Edward franchit tant bien que mal la barrière de journalistes et les haies de micros et de caméra, et pénétra à l'intérieur des locaux, jusqu'à son bureau du deuxième étage. Les employés de Com.Inc applaudissent. Ils ont entendu Edward annoncer la bonne nouvelle concernant la firme.

 

— Désolé monsieur Stenfield, je n'ai rien pu faire pour empêcher les journalistes de rentrer !
— Hé bien c'est tant mieux Max, c'est bien mieux comme ça !
— Merci monsieur Stenfield ! Balbutia Max dans un sourire de circonstance.
— Edward ! Que signifie tout ceci ? Vous ne m'avez pas mis au courant !!! Une conférence de presse demain ??? La production de l'Ikone 638 ??? Vous me faites passer pour une conne je viens juste d'annoncer aux médias la prochaine sortie du... et merde !!! je démissionne, je suis dépassée ! s'esclaffa Amanda.
— Je refuse votre démission  Amanda !! Je double votre salaire, occupez-vous de la presse et réservez-moi la salle de conférence pour demain matin !
— Edward, tu as perdu la tête ??? Je viens de terminer un nouveau smartphone et Amanda s'est chargée d'avertir les magazines spécialisés et la presse pour donner toutes les caractéristiques...
— Tais-toi, viens dans mon bureau, je t'explique toute l'affaire !

 

Ryan suivit Edward dans son bureau.

 

— Maintenant tu vas me dire ce qu'il se passe et quoi correspond tout ce cirque Edward ! Tu vas donner une conférence de presse demain ? Les banquiers veulent notre peau, Edward ! T'es au courant au moins ? Le navire prend l'eau ! Amanda a tout juste réussi à gagner un peu de temps, mais tout est fini si on ne trouve pas quelque chose qui va renflouer nos finances !
— C'est justement de cela qu'il s'agit, Ryan.
— Je t'écoute, parle, dis-moi ce que tu as prévu pour nous sortir de là.
— Tu sais, Ryan, la voyance, beaucoup de gens y croient et dépensent des centaines de dollars pour appeler des charlatans de toutes sortes, des médiums, des chasseurs de fantômes, des exorcistes, des sorciers.
— Où veux-tu en venir Edward ?
— Laisse-moi terminer, Ryan. Demain, j'annoncerai le lancement d'un téléphone dont la principale fonction est d'appeler les morts.
— Quoi ??? Tu débloques complètement !!!
— Laisse-moi terminer Ryan, merde !!! J'ai tout prévu ! Nous avons un logiciel de reconnaissance faciale qui est capable de trouver l'identité et l'historique de la vie d'une personne. Tu pars en Inde, incognito. Tu montes un gigantesque centre d'appels chargé de répondre en se faisant passer pour les défunts concernés, pendant la phase de lancement. Ça laissera le temps à l'équipe que tu dirigeras de mettre au point un autre logiciel de synthèse vocale...
— Et ensuite... je lancerai un réseau social, DL, the DeadLine, sur lequel on verra le visage du défunt apparaître et répondre à son interlocuteur grâce aux deux logiciels dont tu me parles plus du troisième que je vais développer.
— Là, tu me troues le cul, Ryan... je croyais que j'étais fou, mais toi, tu dépasses les bornes !!! Tu es génial !!!
— J'aime Com.Inc, et j'aime l'argent. Et surtout, j'ai pas envie de perdre mon job de voir huit-cent collaborateurs finir au chômage.
— Si on réussit ce coup, on sera riches !
— On réussira, on deviendra immensément riches, mais le pot aux roses sera découvert tôt ou tard, et tu le sais aussi bien que moi.
— Effectivement. Mais on aura remboursé les banques, on sera milliardaires, et on aura changé de vie. Personne ne nous retrouvera.
— Et Rowan, qu'est-ce qu'il en aurait pensé ?
— Que s'il avait été moins con, on ne serait pas dans cette merde.
— Je pars demain Edward. Qui est au courant ?
— Personne à part toi. Demain, tout le monde croira que l'Ikone 638 remplira véritablement sa fonction. Tu as un mois Ryan. Briefe les commerciaux pour qu'ils lancent les pré-commandes. Je te garantis qu 'après mon discours de demain, le monde entier va s'arracher l'Ikone 638. Quand ils l'auront dans les mains, nous serons loin, très loin.
— Je pars dès demain ! On reste en contact le temps de lancer l'opération et je te rejoins en Inde. C'est le pays ou je souhaite m'exiler. Bosse bien mon vieux !


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Scène 37 : Lancement de l'Ikone 638. Conférence de presse

Situation: Edward STENFIELD a convié la presse pour le deuxième lancement de l'Ikone 638.
Il révèle, contrairement à Rowan STEVENSON, l'ingénieur concepteur du téléphone, la véritable fonction du téléphone, dont il s'approprie la paternité.
Lieu : Quadracci Pavilion. Milwaukee. Wisconsin.
Personnages : 1
Edward STENFIELD.

Figurants : centaines de journalistes, policiers, foule.

 

 

Conférence de presse pour le lancement de l'Ikone 638. Milwaukee. Wisconsin. Quadracci Pavilion.

 

Jamais autant de journalistes ne s'étaient trouvé devant le majestueux pavillon. Des véhicules de presse, un périmètre de sécurité établit par les forces de l'ordre, des badauds par milliers.

 

Dès les portes ouvertes, les journalistes envahirent la salle de conférences. La sarabande de Haendel suintait des hauts-parleurs, Edward STENFIELD fit une entrée solennelle. L'écran géant laissait apparaître l'image de l'Ikone 638. La musique classique se dissipa «  ring my Bell » de Anita WARD pris le relais, rythmée par des lumières disco. Edward esquissa quelques pas de danse, l'Ikone 638 en main, et le porta à son oreille. Les flash crépitaient par milliers. La musique s'arrêta et une salve d'applaudissements lui succéda. Brandissant l'Ikone de sa main droite, Edward pris la parole :

— Merci ! Merci d'être venus si nombreux. Imaginez... imaginez un seul instant... que la technologie peut vous offrir d'explorer les frontières de l'inconnu. Imaginez un seul instant que plus rien ne puisse vous séparer de ceux que vous aimez, imaginez que vous puissiez tenir dans votre main un téléphone qui vous permettent d'appeler les êtres chers que vous avez perdus. Imaginez que vous puissiez, aussi simplement que vous le faites avec les vivants, téléphoner aux morts.

Une clameur s'éleva de la salle. Un impressionnant mouvement de foule, due à une bousculade provoquée par les journalistes se produisit.

— Aujourd'hui, moi, Edward STENFIELD, PDG de la firme Com.Inc, je suis en mesure de vous annoncer que cela est possible grâce à l'Ikone 638. La phase de tests de ce téléphone est achevée. Dans un mois, jour pour jour, il sera commercialisé, et chacun d'entre vous pourra communiquer aussi simplement qu'avec un smartphone classique, avec des personnes décédées de son choix.

 

Des milliers de questions fusèrent :

 

— Monsieur Stenfield!!!
— Monsieur Stenfield !!!

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

Scène 38 : L'arrestation

Situation : La conférence de presse et la campagne de lancement de L'Ikone 638 ont fait forte impression. Fort de son succès Edward fête sa victoire avec sa chargée de communication, Amanda, qui a succombé à son charme. Mais voilà que deux policiers viennent frapper à sa porte et l'arrêtent pour le meurtre présumé de son collaborateur Rowan STEVENSON.
Lieu : Domicile d'Edward. 755 Milwaukee St.
Personnages : 4
Edward STENFIELD
Amanda STERLING : chargée de communication
Policiers : 2

 

15 pm.

 

Edward et Amanda sont dans le lit, une coupe de champagne en mains.

 

— Edward, tu es génial ! Grâce à toi Com.Inc est sauvé. Dit Amanda en l'embrassant. Mais l'Ikone 638, ça me fait peur. Rien qu'à l'idée de pouvoir parler avec des morts, j'en ai des frissons, je ne sais pas si je pourrais. J'ai quand même hâte d'en avoir un exemplaire.
— On ne peut résister à la tentation. On est obligé d'y succomber.
— Tu as essayé ?
— Oui.
— C'était comment ?
— Je préfère ne pas en parler. Pensons plutôt au succès commercial ! Il n'y a plus de concurrence !

 

La sonnerie de la porte retentit.

 

— Monsieur Stenfield, police, ouvrez !
— La police, mais qu'est-ce qu'il se passe ? Oui, j'arrive !

 

Edward enfila un peignoir, des sandales, se dirigea vers la porte et ouvrit.

 

— Monsieur Stenfield nous avons un mandat d'arrêt contre vous pour le meurtre présumé de Rowan Stevenson. Habillez-vous, vous êtes en état d'arrestation !

Les deux policiers entrèrent. Amanda sortit en robe de chambre. Edward est consterné.

 

— Que se passe-t-il ?
— Cela ne vous concerne pas, madame.

Les deux policiers menottent Edward et lui lisent ses droits en le faisant monter à l'arrière de la voiture.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Scène  39 : Interrogatoire.

Situation : Suspecté du meurtre de son associé Rowan STEVENSON, Edward STENFIELD a été arrêté et conduit au poste de police. C'est Marcus DAMONE, le chef de la police, qui mène l'interrogatoire.
Lieu : poste de police de Milwaukee. 749 W Street.
Personnages : 4
Edward STENFIELD
Marcus DAMONE
Policiers : 2 

Figurants : policiers et suspects.

 

La voiture de police s'arrête devant le poste et les deux agents font descendre Edward. Des voitures de police arrivent et qui partent, sirènes hurlantes. D'autres personnes sont amenées au poste.

Monsieur STENFIELD est conduit à la salle d'interrogatoire . Marcus DAMONE est sur place. Un agent de police lui parle à l'oreille et quitte la salle. Les deux autres entrent et font asseoir Edward sur une chaise. De l'autre côté du bureau gris métallique, le grand Manitou l'attend, assis. Les deux agents, à l'extérieur, observent derrière une vitre.

 

— J'ai du travail Edward. Je vais t'explique le déroulement des dix prochaines secondes. Tu avoues le meurtre de Rowan Stevenson, tu signes des aveux. Je repars finir mon café, et toi tu pars en taule. C'est clair, net et précis. On ne peut plus simple.
— Je veux parler à mon avocat.
— C'est bizarre mais pour une fois mon horoscope avait dit vrai : un connard va vous pourrir la journée. Il y a une chose que je déteste, Edward, non, plutôt deux. La première, c'est de boire du café froid. La seconde, c'est ton Ikone 638. Je suis sûr que ton truc, c'est de la merde. D'ailleurs, il faut avoir de la merde à la place de la cervelle pour avoir envie de parler aux morts. On n'aura plus de boulot. Il suffira de leur téléphoner pour qu'ils nous disent qui est leur assassin. Bon, assez rigoler PDG de mes deux. On a retrouvé le silencieux avec tes empreintes dessus.
— Je n'ai pas de silencieux à mon arme.
— Je n'ai pas de silencieux à mon arme... tu es peut-être doué pour des discours devant des journalistes, mais pas pour mentir. Le voilà.

 

Marcus tendit un blister transparent avec la pièce à conviction à l'intérieur.

— Je veux parler à mon avocat.
— Qui est le baveux sans couille qui va te défendre, PDG de mes deux ?
— C'est Maître BURDEN, ô grand Manictou !
— Comment tu m'as appelé connard ? Retire ça tout de suite ou tu n'auras plus assez de dents pour parler à ta petite pute en fourrure de baveux.
— Va te faire foutre, grand Manictou ! Si tu touches un seul de mes cheveux, tu vas te retrouver à la circulation... non mieux que ça... dans un champ à faire l'épouvantail. Rien qu'en voyant ta tronche de métèque les corbeaux vont se taper un infarctus. J'ai le bras long Marcus.
— Rentre-le dans ton cul blanc bec. Ton baveux passera te voir en taule. Je vais t'y envoyer pour le restant de tes jours, blaireau. Boucler cette merde et contacter son avocat ! Vite, il me file la gerbe et je sens que ça va être sur son beau costard !

 

Les deux agents entrèrent dans la salle et l'emmenèrent. Avant qu'ils ne franchissent la porte, Marcus intervint :

 

— Attendez !

 

Les deux agents et Edward se retournent, et Marcus envoie un énorme coup de poing dans le ventre d'Edward, qui hurle de douleur et ne tient plus sur ses jambes.

 

— Je suis le grand Manitou, sans le c. Jetez cette merde en cellule.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

Scène 40 : Incarcération.

Situation : Edward est incarcéré à la prison de Milwaukee.
Lieu : Milwaukee County Jail. 949 N 9 th St.
Personnages : 5
Edward STENFIELD
Agents de police : 2
Gardiens de prisons : 4

Figurants : prisonniers.

 

L'immense édifice gris ressemblait à un bel immeuble en pleine ville. La voiture de police s'arrêta devant et les deux agents conduisirent Edward à l'intérieur. Ils traversent le corridor blanc qui surplombe la cantine. Des détenus, prenant leurs repas, le reconnaissent et l'invectivent :

 

— Hey, Edward, ma femme est morte ! Je peux lui téléphoner pour savoir si elle a trouver un autre mec en enfer ?
— Stenfield, quand tu seras mort, qui va t'appeler ? 

Des rires fusèrent dans la cantine et des gardiens intervinrent pour rétablir l'ordre :

— Vos gueules ! 
Occupez-vous de vos gamelles !

 

Edward est incarcéré dans la cellule 12. Il y passe la nuit.

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Scène 41 : La visite.

Situation : Amanda vient rendre visite à Edward et lui fait une proposition. Elle est accompagnée de Maître BURDEN, l'avocat d'Edward.
Lieu : Milwaukee County Jail. 949 N 9 th St.
Personnages: 4
Edward STENFIELD
Amanda STERLING
Maître Henry BURDEN
Gardien

 

Edward est dans sa cellule. Le maton lui annonce une visite.

 

— Edward, vous avez de la visite, deux personnes. Veuillez me suivre au parloir.

 

Edward est au parloir :

 

— Bonjour Edward !
— Amanda ?! Henry... mais... Amanda je ne m'attendais pas à te voir. J'avais prévu de m'entretenir avec mon avocat.
— Salut mon vieux, tu es mal en point. À vrai dire c'est Amanda qui m'a contacté, dès qu'elle a appris ton incarcération. Je me suis entretenu avec Marcus Damone. Les chefs d'accusation qui pèsent contre toi sont graves. Les preuves sont accablantes. Avec la meilleure défense du monde, celle que je te fournirai, tu t'en tireras avec une vingtaine d'années maximum Si tu plaides coupable.
— Henry, je suis innocent, je n'ai pas tué Rowan, je te le jure !!!
— Je sais Edward, mais les preuves affirment le contraire. Tu devrais écouter ce qu'Amanda va te dire et accepter sa proposition si tu ne veux pas croupir ici, crois-moi.
— Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel je nage en plein cauchemar ! Je te paye une fortune pour me sortir de là et tu te ramène avec ma chargée de communication ???
— Edward, pour une fois, écoute et ferme-là. Edward, tu peux être libre demain matin. Je connais très bien le Sénateur Barnett et le Procureur Borough. Disons qu'on a été filmé, et qu'ils ne veulent pas devenir des stars du X. Tout ce que tu as affaire, c'est de signer ce document, élaboré par ton avocat, et antidaté du trimestre dernier. Je leur passerai un coup de fil et tu seras dehors.
— Quel document ??? Henry quel document ???
— Calme-toi mon vieux.
—Tu me cèdes toutes tes parts de Com.Inc, je fais virer dix millions de dollars sur ton compte, et tu disparais.
— Mais vous êtes malades tous les deux !!! Espèce de salope !!!
— Edward, Damone à de quoi t'envoyer à l'ombre pour le restant de ta vie, si tu vis assez longtemps, ce qui m'étonnerait.Ici, tout le monde veut ta peau. Tout les assassins incarcérés veulent la mort de celui qui a inventé le téléphone qui fera parler ceux qu'ils ont tués.
— Vous êtes tous des pourris !!!
— Signe et tu es libre avec dix millions de dollars sur ton compte.
— Dix millions de dollars ??? Mais Com.Inc, dans un mois, vaudra des centaines de milliards de dollars !!!
— Peu importe, puisque tu seras mort en prison, signe, et estime toi heureux que je te laisse une chance de ne pas croupir dans ce trou à rats !
— Mais qui me dit que tu vas vraiment me faire libérer ?
— Edward, si c'était une arnaque, elle t'aurait proposé un milliard de dollars. Signe. Il n'y aura pas de deuxième chance.

 

Edward signe le document.

 

— Tu as fait le bon choix. Ta société m'appartiens. Demain matin tu es libre. Essaye de dormir un peu, tu as une tête de déterré.

 

Henry et Amanda prennent congés.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° 

Scène 42 : L'arnaque.

Situation : Henry et Amanda repartent dans la corvette de ce dernier, en direction de Com.Inc
Lieu : Milwaukee.
Personnages : 2
Maître Henry BURDEN.
Amanda STERLING.

 

Henry et Amanda sont fiers d'avoir réussi leur coup.

 

— Ça a marché ! On l'a baisé comme un bleu ! Amanda tu es géniale ! Mais tu ne m'as toujours pas dit comment tu as fait pour convaincre Marcus Damone de monter ce coup de bluff !
— Il a quelques dettes de jeux, des crédits sur le dos, deux mois de retard dans le paiement de la pension alimentaire à son ex-femme. Je lui ai apporté ne petite bouffée d'oxygène de cent mille dollars !
— Ça fait cher la bouffée ! Il doit bien respirer avec ça !
— Beaucoup mieux ! Mais il n'aura pas le temps d'en profiter. Ce pauvre Marcus va se faire tuer  en s'interposant aux cambrioleurs qui vont pénétrer chez lui. J'en ai les larmes aux yeux.
— Et s'il n'avait pas marché dans l'affaire ?
— Tu connais beaucoup d'hommes endettés capables de résister à cent-mille dollars, henry ?
— Non, je ne parlais pas de DAMONE, mais d'Edward ! S'il avait refusé de signer ce contrat, il aurait été innocenté à la première expertise. Le silencieux n'était pas celui de son arme, la balistique l'aurait démontré aisément. Mais ce salaud a vraiment buté son meilleur ami et collaborateur !
— Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Le fait que le vrai silencieux n'a pas été retrouvé ne fait pas d'Edward un criminel, même si la présomption est forte. Il n'a aucune facture d'achat d'un réducteur de bruit.
— Certes, il aurait pu s'en procurer un ailleurs. Ce n'est pas à ça que je faisais allusion ! Si Edward avait été innocent, il aurait demandé à ce qu'on appelle Rowan avec son Ikone 638 dès sa commercialisation. Or, il n'a pas fait mention de cette possibilité.
— Henry, à mon tour de te dire que tu es génial !
— Je peux l'être encore plus.
— Ah bon, et comment ?
— Je te le montrerai quand on arrivera à Com.Inc et qu'on sera seuls dans ton bureau.

 

Henry et Amanda s'embrassent à un feu rouge.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Scène 43 : Le dernier appel. La mort d'Edward.

Situation : Deux mois après la commercialisation de l'Ikone 638, le scandale éclate. Edward se dirige vers l'aéroport de Milwaukee. Il reçoit un appel sur l'Ikone 638, y répond et meurt dans un accident de la route.
Lieu : Milwaukee.
Personnages : 4
Edward STENFIELD.
Pilote hélicoptère : 1
Dick FRASER : Journaliste CNN : 1
Caméraman CNN : 1

 

 

Au volant de sa voiture, Edward se dirige vers l'aéroport de Milwaukee. Il allume la radio :

 

« ... Nous apprenons à l'instant le suicide d'Amanda STERLING, PDG de la firme Com.Inc, alors que la police était sur le point de l'interpeler. L'Ikone 638, téléphone révolutionnaire supposé permettre la communication avec les morts, s'est avéré être une escroquerie. Il s'agissait d'une arnaque basée sur l'usurpation d'identité de personnes décédées. Une plateforme téléphonique situé en Inde répondait aux appels de personnes en détresse... »

 

— Et la connasse d'Amanda ne recevra même pas un coup de fil dans sa tombe ! Tandis que moi je file en Colombie me la couler douce avec dix putains de millions de dollars ! Personne ne baise STENFIELD !

 

Edward perçut une chaleur et une vibration sur le côté gauche. Son Ikone 638 se mit à vibrer et émit un son étrange, une sonnerie discordante, ressemblant à une corne de brume. Il décrocha et porta le mobile à son oreille.

 

— Allo ?
— Allo.
— Qui est à l'appareil ?
— C'est moi.
— Qui ça, moi ?
— C'est Edward Stenfield.
— C'est moi Edward Stenfield ! Qui êtes-vous ? Pourquoi imitez-vous ma voix ? C'est une blague ? Qui êtes-vous ?
— Edward Stenfield.
— Qui êtes-vous monsieur ??? Ce téléphone ne communique qu'avec les morts !!!
— Edward Stenfield... est mort...
— Mais qu'est-ce que c'est que cette connerie ??? Allo ? Allo ?? Et merde !!!

 

Edward jeta son portable sur le siège passager et regarda devant lui. Les portes arrières du semi-remorque qui roulait devant lui s'ouvrirent subitement, et plusieurs caisses contenant des Ikone 638 se renversèrent devant lui. Il donna un coup de volant pour les éviter, quittant la voie centrale de la route pour la voie de droite, et fut percuté par un camion qui broya sa voiture et se renversa. S'ensuivit un monstrueux carambolage. Plusieurs hélicoptères des secours, de la police et des chaînes de télé survolent la zone.

 

« ... Ici Dick FRASER de CNN. Nous survolons actuellement la route qui mène au General Mitchell International Airport de Milwaukee. Plusieurs centaines de véhicules sont encastrés. Certains explosent et commencent à s'enflammer. Un bouchon s'est formé sur plusieurs kilomètres. Les secours sont hélitreuillés, vu l'ampleur du drame un très grand nombre de victimes est à déplorer, je le crains... »

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Scène  44 : Edward est emmené à la morgue.

Situation : Le corps d'Edward STENFIELD est emmené à la morgue. Des phénomènes paranormaux s'y produisent.
Lieu :Milwaukee County Medical Examiner and Coroner. 933 W Highland Ave.
Personnages : 4
Edward STENFIELD.
Vince : employé de l'accueil à la morgue.
Employés des pompes funèbres : 2

 

 

Un fourgon mortuaire s'arrêtent et deux employés des pompes funèbres portent La dépouille brûlé d' Edward à la morgue. Vince lui met l'étiquette 638 sur le gros orteil et referme le tiroir, puis fait demi-tour. Il n'y a plus personne. C'est le dernier corps de la journée. Le compartiment dans le quel se trouve la dépouille de STENFIELD disparaît dans un flash de lumière bleue intense.

Les autres tiroirs de la morgue s'ouvrent seuls les uns après les autres.

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

1 an plus tard.

 

Scène  45 : Conférence de presse. Lancement du Chronophone.

Lieu : Quadracci Pavilion
Situation : Gregory MALLOY, PDG de la firme 2-Call-U, lance la commercialisation du Chronophone, un smartphone qui permet de s'appeler soi-même dans le futur et dans le passé.
Personnages : 4
Gregory MALLOY
Journalistes : 3
Public.

 

Toute la presse mondiale se trouvait à l'intérieur du majestueux édifice. Des dizaines de danseuses, en trois rangées, vêtues de minijupe et de tee-shirt blanc portant la photo du Chronophone, se dandinent sur de la musique Techno devant un écran géant. La photo du Chronophone y est projetée. Un appareil triangulaire entièrement transparent, dont la pointe est dirigée vers le bas, et dans lequel des chiffres flottent, comme dans un liquide, et des photos de visages changent d'apparence.

Gregory, les deux bras levés en l'air, fait son entrée et s'immobilise dans cette posture au milieu de la scène, le Chronophone dans la main droite. Des lasers multicolores balayent la salle au rythme de la musique, sous les applaudissements et les flashs.

La musique s'arrête, les danseuses, repartent par les deux côtés de la scène. Souriant, Gregory, la trentaine, brun, une petite barbe autour du menton, prend la parole.

— Merci ! Merci à toutes et à tous ! Aujourd'hui, le futur est a portée de mains. Aujourd'hui, moi, Gregory MALLOY, PDG de la firme 2-Call-U, leader mondial de la téléphonie, je suis heureux de vous présenter le Chronophone ! Imaginez un seul instant, que vous puissiez communiquer avec vous-même, avec votre moi situé dans le futur. Imaginez que vous puissiez parler à ce que vous allez devenir dans dix ans, vingt ans, ou plus. Que vous puissiez vous interroger dans le futur, communiquer avec votre double, afin qu'il vous dise ce que vous allez devenir ! Cela vous permettrait de maîtriser votre vie, de corriger ou de maintenir votre trajectoire, de faire uniquement les bons choix qui vous mèneront à la réalisation de vos rêves, et d'éviter les écueils. Imaginez que vous puissiez également vous appeler dans le passé, non pas pour le changer, mais pour écouter ce que votre moi passé voit de votre présent, et ce qu'il en pense, et d'écouter ses conseils ! Imaginez que vous puissiez vous appelez dans le présent, dialoguer avec votre moi profond, pour connaître l'insondable de votre psychisme !  N'imaginez plus, j'ai déjà imaginé et conçu pour vous le CH2, le Chronophone qui vous permet le double appel, passé et futur, avec vous-mêmes, et... là ou 2-Call-U va encore plus loin, vous avez également la possibilité d'appeler qui vous voulez dans le passé et le futur ! Avec Chronophone, ne perdez pas le fil de votre vie, restez en contact avec vous-même, et découvrez également le futur de vos proches !


Les journalistes déversèrent un flot de questions :

— Monsieur Malloy ! Est si je me met sur liste noire est-ce que je pourrais m'appeler dans le futur et le passé ?
— Monsieur Malloy ! quel est le prix du Chronophone ?
— Monsieur Malloy...

 

                                                                                            FIN

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

16

Un petit mot pour l'auteur ? 13 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Jo Kummer
Jo Kummer · il y a
A bientôt Felix!
Image de Felix Culpa
Felix Culpa · il y a
Merci de votre lecture ; à bientôt Jo !
Image de Ginette Flora Amouma
Ginette Flora Amouma · il y a
La première chose qui s'installe dans nos yeux en ouvrant la fenêtre.
Image de Felix Culpa
Felix Culpa · il y a
Rien n'est plus beau... merci Ginette !
Image de Georges Marguin
Georges Marguin · il y a
Il y'a aussi des moutons noirs !
Image de Felix Culpa
Felix Culpa · il y a
Oui, les jours d'orage !
Image de Georges Marguin
Georges Marguin · il y a
Et sur terre dans les prairies. Ceux du ciel j'aime car j'adore la pluie, malheureusement je vis dans une région où il ne pleut pratiquement jamais.
Image de Albane Charieau
Albane Charieau · il y a
les yeux dans les étoiles et des images plein la tête. merci
Image de Felix Culpa
Felix Culpa · il y a
Merci Albane, parfois le fait d'observer le ciel et ses nuages nous incite à la rêverie !
Image de Marie Noelle Vavasseur
Marie Noelle Vavasseur · il y a
Belle idée
Image de Felix Culpa
Felix Culpa · il y a
Merci Marie Noelle ! C'est une sorte de poème avorté qui est devenu un tanka malgré lui.
Image de Didier Poussin
Didier Poussin · il y a
Regards de l'azur
Image de Felix Culpa
Felix Culpa · il y a
Les yeux dans le bleu ! Merci Didier !

Vous aimerez aussi !