Les rus

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Je ne suis en compétition qu'avec moi même et sachez que si vous aimez ce que j'écris, vous me comblerez plus que mille trophées  [+]

Image de Été 2013
La Provence renferme en sa garrigue des petits ruisseaux
Juste baptisés rus qui baignent quelques courts arbrisseaux
Qui de leurs racines tortueuses découpent les blancs calcaires
Telle la serpe qui conduirait leurs eaux si limpides et claires.

Sur les bords empourprés des argiles que les hommes creusent
Poussent des cistes aux senteurs fruitées tellement chaleureuses
Que même l’hiver on ne sentirait sur sa peau que la délicatesse
Du doux astre diurne qui inonde ces contrées enchanteresses.

Aux parfums du printemps entêtant des arômes des genêts
Succèdent les orages qui changent les ruts en torrents déchaînés
Emportant avec eux le rougeoiement qui fera la mère des oliviers
Dont les fruits nous abreuvent de leur huile à la saveur sanctifiée.

Quand vient l’estive saison, la nature se recouvre de peinture
Si bleutée, coloriant les boutons de lavande aux essences si pures
Que nos yeux en conservent l’embellit jusque dans nos songes
Et balaye de leur seul souvenir ce qui aurait pu être mensonge.

Dans cette région des vents automnaux qui font gémir Neptune
Nous transpercent tels des poignards de bien désagréable fortune
Et font larmoyer nos chênes centenaires qui bruissent vivement,
On attend alors la tarente sortir des pierres jaunies si fièrement.

Notre terre est aussi nourrie de ces embruns dont la fleur de sel
Sustente les rizières où des marais reflètent les couleurs du ciel
Voyant les chevaux courant librement dans de vastes prairies
Oubliés des hommes, dont les sables du fleuve ont fait leur ami.

Quelque part au milieu des hêtres blancs dort la sainte de la mer
Vierge noire priée des gens du voyage, restée inerte dans la terre
Toujours gardant la plus vive des ardeurs qui en son sein réside
Et veillant éternellement sur la pureté des flots si peu placides.

Voyageur qui vient en ce pays fait du miel des collines et du lait
De ces chèvres qu’on entend bégueter depuis les sommets
Comme le bruit et le fracas des sources qui naissent alentours
N’oublie pas de remercier Épône qu’elle n’oublie plus ce jour.

Laisse-toi porter sur les vagues ombrageuses qui coulent les navires
Et si la mer te rend à la côte vient t’abreuver à la table du beau sire
Dont le nom résonne encore dans le temps d’un célèbre château
Qu’il offrit un jour à sa mère qui voyait ici le plus beau des tableaux.

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