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Les roses d'hier

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Elliott

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J’ai amené chez toi ce soir un pied de vigne. Il grandira comme a grandi au fond de moi ce doux attrait que j’ai pour toi. Il est venu, je l’ai senti, l’ai repoussé, puis retenu. Pensant à toi j’ai pris des roses sur un étal, les ai senties. C’était divin. Mais elles mourraient. J’ai vu cette vigne et ce raisin couleur du sang qui dans mon corps coule pour toi. Et dans cent ans –ou dans deux cents- la vigne, grande, subsistera. Le rosier pousse, signe d’amour, puis on le coupe, l’amour se fane. La vigne étend sur toute la Terre son ombre douce et rassurante. De son raisin on extraira le fin nectar qui comme toi grise mes nuits et me réchauffe. Vois-tu ces feuilles ? Elles sont pour moi les roses d’hier et cet amour que j’aimerais voir dans tes yeux. Prends cette vigne, je t’en supplie, elle ne meurt pas.
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