Les prunus sous les anges

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Et j'ose, des mots en vers, Autour d'un verre, faire de la prose. Des maux et des misères, Des voluptés et plein de choses. Poésie, prose, musique. www.jonathanperdrieau.com  [+]

Tu as l’air bien paumé, tu marches les bras ballants,
Et tu respires les fleurs de prunus dans le vent,
Tu fermes les yeux, tu titubes sur le macadam,
Autour, les pollens planent, tu t’évades, tu te pâmes.

Tu te dis, quel parfum, mon Dieu et quelle ivresse !
Qui te ravage les sens, comme des tonnes de caresses,
Comme celle de cette épaule qui te frôle maintenant,
Surplombée d’un visage tout à fait rayonnant.

Là, tu perds tes esprits, déjà elle file, se barre,
Elle se glisse dans la foule, maintenant c’est trop tard,
Tu baisses la tête, soupire en fixant tes deux pieds,
Tu ramasses un tissu, qui traîne là à tes pieds.

En suspension, las, au-dessus du monde, tu crois :
Qu’une sublime légion d’ange va fondre du ciel sur toi !

Tu as l’air bien paumé, tu marches les bras ballants,
Et tu renifles les fleurs de prunus dans le vent,
Qui te piquent les yeux, planté sur le macadam,
Au même endroit qu’hier ou tu attends cette femme.

Tu te dis, mais quelle fièvre, mon Dieu, t’es dans la brume !
Qui te ravage les sens, un peu comme un sale rhume,
Et puis t’as cette épaule qui te heurte maintenant,
Surplombée d’un visage pas tout à fait charmant.

Tu te vautres violemment, la truffe dans la poussière,
Là tu lâches le foulard, qui plane, las, dans les airs,
Quand une silhouette soudain, de son ombre t’abrite,
Et de sa main saisit le tissu dans sa fuite.

En suspension, las, au-dessus du monde, tu vois :
Cette sublime légion d’ange fondre bientôt sur toi.

Etendu sur le sol, les deux bras bien ballants,
Et tu craches la poussière, les pollens dans le vent,
Tu ouvres grand tes yeux et cette ombre au-dessus,
C’est le visage charmant de la fille au tissu.

« Cupidon ! Que je saute sous tes salves, bras tendus !
Fendu de part et d’autre, dans les limbes, étendu,
Enivré des pollens, sur ma face ; ses cheveux,
Tous les deux tout troués, lovés là sous tes yeux ! »

Quand les palpitations, dans le cœur te bombardent,
Tu crèves que de ses flèches, Cupidon la bombarde.
Mais cette douleur atroce qui te transperce la main :
C'est le talon de la belle qui se barre l'air de rien.

En suspension, las, au-dessus du monde, c’est quoi ?!
Cette sublime légion d’ange au-dessus... rie de toi !

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