Créer des bijoux de mots pour orner le mystère d'être au sein de la perpétuelle métamorphose  [+]

Les diaphanes



1

en fauve la lumière de la nette après-midi
tombe sur les mirabelles
qui dans leurs corbeilles abondent

depuis de longues minutes les yeux clos
la saillie des genoux oedématiée par les poings
Marianne est assise sur le lit
à côté du linge qu'a apporté l'infirmière aurorale

le rose pâle colore toutes ses images de vaillance

avec une foi de boîte fée
ses mains l'ont saisi
pour le déplier
et pour le tendre devant la fenêtre

son centre est limbé par des allumements

le désir d'être nue
afin d'en emmitoufler
les corporelles amoindrissances



2

il est encore accordé à Marianne
un pampre de battements

accourcissant l'errance
alors que les secouements de sa chevelure flavescent
elle pénètre dans un village
jusqu'à ce que cette chambre d'hôtel l'enclose

une oblique poudroie
afin que la clef se dissolve

elle abhorre les truismes des voilages
qu'elle arrache

pour les suppléer
elle s'empare du linge
quadranglant parmi les étoiles liliales du couvre-lit

au déployé
il apparaît que leur lymphe parme effuse

l'album de sa vie
réunirait les photographies assujetties à cette lumière-là
à cette source qui ne peut plus être appréhendée
dans un délai si bref

elle se dénude
le bracelet s'enfuit telle une veine d'or
à travers la lenteur

elle effleure du visage la thermie informe

puis à gésir
s'offre parmi les étoiles légères

à l'instant de la finale systole
glisse la fenêtre improvisée

et le corps s'albâtre jusques au sein tu



3

les arêtes de l'hôpital
leurs flous reliquats
leurs évagations

Marianne devient un secret

les pas qu'il lui reste
traversent la demi-nuit

alors s'étendre
et la recouvre jusqu'aux entrailles la cendre du linge
qui eût à tierce recommencé à sécher son corps

le bestiaire sparsile de l'orée lui est un sommeil

luire entre les fûts insoupçonnables
et rayonner converge vers la témérité du myocarde

non plus se lever... translater
en orient le dernier aplomb humain

à la branche qui la passe d'une fasce d'éclat
elle append le tissu des exécutions

afin que la seule cloison de sa sépulture infinitive

fût cette aube turquoise



4

à ce point de l'épilogue de la flânerie bucolique
Marianne a fixé les yeux sur l'ombre
du drapeau qui est la proie du vent

c'est au pied de la fontaine léonine
dont l'ocre de la pierre
laisse sourdre un clair arqué

à maintes reprises elle en emplit la conjointure de ses mains

et s'en démasque


à peine la porte de la chambre franchie
la voilà gourmandée
de ce qu'elle module de la sorte le temps

elle a ri en s'élançant vers le bain
où lyser les dernières heures strictes


nue et mouillée
son émaciation s'est figée devant la fenêtre

étrangère aux métaboles du jour
c'est juste toute la ville qui brûle


alors que l'on déploie un linge vaste
à travers lequel la consomption
se mue en flamboiement bleu pastel
elle ne veut pas d'autre vêtement
ni aucune autre contingence d'aube


on la découvre
son souffle polissonné dans les rhombes dédaléens du tapis

une diagonale de sang née de ses lèvres
se tait dans la gorge de lys

puis va rutilant d'un pli
à l'autre de son emmaillotement
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