Les deux hérissons

il y a
1 min
1 219
lectures
166
Qualifié
Image de Été 2019

À l'orée d'un grand bois, un papa hérisson
S'en allait promener ses deux petits garçons
Quand vinrent à passer deux autres compagnons,
L'un grand et maigrelet, comme un tire-bouchon,
L'autre court et trapu, à l'estomac bien rond.

Ils clopinaient de front sur leurs pieds de derrière,
Butaient, de temps en temps, aux lèvres d'une ornière.
Très lents étaient leurs pas mais leur allure altière ;
Mais qu'allaient-ils chercher le long du cimetière
Dont le mur étouffait sous l'étreinte du lierre ?

Ils croisèrent nos gens sans dire aucun bonjour,
Serrés dans leur habit à cote de velours.
Le grand semblait morveux et le petit balourd ;
Mais tous deux exultaient d'être vus au grand jour
Par des brosses piteuses au déhanchement lourd.

C'est alors que survint, tremblante et tapageuse,
Éveillant tout à coup la futaie silencieuse,
Une machine énorme, effrayante, hideuse,
Dont la patte sans fin, implacable mangeuse
Creusait, broyait, lissait la route poussiéreuse.

Au bruit, père et garçons sautèrent d'un élan
Dans un abri tout près, sous un dais roux de glands.
Quant à nos deux farauds, enflés tel Artaban,
Ils n'entendirent rien, allèrent de l'avant ;
Et l'acier les crêpa tous deux en même temps.


Moralité

Le vaniteux, de soi la tête enluminée,
Trace sur un fond noir sa propre destinée.

166

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !