Les chiens

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Je ne cherche pas la perfection académique. Je veux raconter simplement des petites histoires de manière un peu esthétique. Et j'essaye d'y ajouter ma petite morale, ou ma façon de penser.  [+]

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Il y a quelque temps,
Je marchais sifflotant
Parcourant les trottoirs,
Quand des types à capuche
– Vous parlez d’une embûche ! – 
M’ont cerné de toute part.

Je fus roué de coups
Puis dépouillé de tout
Sans prétexte notoire.
J’ignorais que flâner
Peut aujourd’hui mener
Vers ce genre d’abattoir.

Et moi qui proteste
Qu’on me déleste,
J’en fais un drame.
Au moindre tracas,
On fait du cas
Tout un ramdam.

Les chiens aboient et moi je passe.

L’autre jour sur la route,
Un fou arrive à toute
Vitesse en voiture.
Ce soir-là ce pilote
N’avait pas pris de flotte,
Mais une sacrée biture !

Ce fêlé plein d’alcool
A fait de mes guibolles
Une vraie confiture.
Moi qui suis bonne pâte,
Qu’on m’enlève mes pattes
Je trouve ça un peu dur.

Mais moi qui me plains,
J’ai encore plein
De facultés.
Le reste du corps
Fonctionne encore,
J’ai la santé !

Les chiens me mordent et moi je passe.

Sombrant dans le sommeil,
Je prenais le soleil
Lorsqu’un type s’amène.
En tout bien tout honneur
Il me demanda l’heure
Sur un ton très amène.

Sans tocante au poignet,
Je ne pus lui donner
Qu’une estimation vaine.
Ça n’a pas dû lui plaire,
Car d’un coup de colère
Il me trancha les veines.

Mais moi qui bougonne
Je suis un homme
Plutôt chanceux :
Au moins je respire
D’autres ont bien pire
Ou plus d’cheveux.

Les chiens m’amochent et moi je passe.

Dans mon lit d’hôpital
Après ce coup fatal
J’avais perdu la foi.
De risquer le trépas
À chacun de mes pas
Devenait vite un poids.

Si cette vieille carne
De destin s’acharne
Je n’ai pas trop le choix,
Mais six milliards de fous
Ne viendront pas à bout
Si facilement de moi.

Mais moi qui rouspète
C’est un peu bête
Comme attitude.
Ce n’est pas comme ça
Qu’on trouve la
Béatitude.

Les chiens m’esquintent et moi je passe.

Le jour de mon décès
À cent ans bien passés,
Après mon dernier râle,
Je partis vers les Cieux
Pour un bonjour à Dieu
Et lui faire la morale.

Quand j’entrouvris la bouche,
Le voilà qu’il me couche
D’une tarte sidérale !
Je tire de ce micmac
Que j’ai une tête à claques
Mais que ça m’est égal.
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