Le trépas des despotes

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J'aime bien ce regard philosophique et poétique engagé sur le monde en ce qu'il rejoint et illustre les préoccupations et l'ensemble des grands textes sur les droits de l'homme et l'actualité  [+]

Aux antipodes les clowns cruels
Les rois bouffons
Qui méprisent les fragiles
Mélancoliquement semblables
Charmants complices
Des intimes connivences
Sous la loi du bâillon
Qui arrache les mots
L'œil et la main
Les seuls horizons
Des épineuses questions
Des démons enfouis
Adorés et haïs

Merveilleuses lubies
De l'arrogance obstinée
Des halos singuliers
Vains et méchants
Ils se disputent la course
Des souffrances radicales
Des tragédies réalistes
Des confinements mortifères
Inconséquents
Des censures insupportables
Comme des éperviers rapaces
Beaucoup plus puissants
Triomphent de la démocratie

Des visions d'effroi échappées
Des horreurs triviales
Des opposants et des rescapés
Des pancartes insoumises
Au coeur des mouvements
Des drapeaux de papier
De poussière et de sang
Des pauvres qui se battent 
Sous le coup des cataclysmes
Immanquablement
Du fléau des violences
Des sociétés malades
Des maux et des armes
Des morts encombrants
Le dernier souffle
Comme si de rien n'était
Des vies de misère
Au pas de charge
Qui craignent le pire

Intenses et féroces
Des courants contraires
Qui écrasent les maigres bras
Dans l'épaisseur des guerres
Se murent dans le silence
Des vides insondables
Dans la violence tapie
La danse du serpent
Des éclairs qui foudroient
Des cœurs qui battent trop fort
Et qui ne laissent pas de trace
Pour des faits similaires
Empoisonnent la mémoire
De ceux qui sont morts

Les statues vivantes des autocrates
Tiennent toujours leur rang
D'armes et de sang
Des architectures humaines
Dans les galeries des musées
Des vénérables pavillons
Des balcons et des places
Des portraits encadrés
Des assassins postés
Des victimes et des bourreaux
Des années de prison
A l'humanité des accusés
Des jugements expédiés
Pour cacher les restes
Qui fusent comme des balles
Les témoins se succèdent
Les yeux fermés
Le mal court toujours

Du chaos et des regards
Enivrés par leur propre écho
Des imbécilités satisfaites
Seules en scène
Formidablement incarnées
Qui fixent la gloire dans le sang
Viennent chercher leurs Césars
Et font leur deuil
A grand spectacle et à part
Les chroniques funambules
De la justice de luxe
Qui impose au vaincu
Les effroyables écheveaux
Du déni qui perdure
A la mémoire des disparus

Satires de la décadence
Des dérives haineuses et des outrages
Indécents et contraires
De cynisme et de paranoïa
Des alliés et des témoins
Des victimes et des acteurs
De l'effacement
Des sujets éteints
L'esprit de résilience
La colère et la violence
La dignité des humiliés
Les figures peuvent changer
Le trépas des despotes
Un dictateur ne meurt jamais


BP

« Les dictateurs font de la force le seul instrument de la grandeur »
Les grands cimetières sous la lune (1938) -Georges Bernanos

A écouter

Le texte "le trépas des despotes" est inspiré de la chanson du groupe Détroit "Sa majesté".
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