Le visa

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Une plume ,un arbre a palabre, autour d'un feu de bois ,au clair de la lune, une immagination fertile et active, pour un paradis terrestre  [+]

Allons à Miami
Où vit il ya cent ans ma mamie ;
Car ici les temps sont sec et durs ;
Comme des morceaux de fer ;
Jetés dans l’enfer ;
Et nous pour survivre, nous vivons comme des ordures ;
Qui à l’approche de l’été chaud et sec s’envolent très haut avec le vent ;
Comme nous les faisons souvent ;
Pour se refugier ailleurs ;
Très loin de nos noires terres ;
Sous lesquelles se reposent paisiblement nos grands-pères ;
Vers des nouvelles terres ;
Battis par nos tirailleurs ;
À la recherche d’une vie meilleure.

Allons à Miami
Où vivent il y a cent ans nos amis ;
Pour savourer le goût suave du sucre ;
Dans les grands champs de canne à sucre ;
Cultivés par nos grand-père ;
A la recherche d’une vie meilleure.
Mais s’il nous faut tant de peine ;
Je pense que c’est la peine ;
Périr par milliers au milieu du Sahara ;
Comme des carpes au fond des filets des pêcheurs de l’Ampedouza !
Parce qu’on n’a pas le visa ;
Rien que pour rejoindre la cité de Samara ;
Où la ville de Djakarta ;
Logées derrière les eaux dévoreuses de Gibraltar ;
Cet immense et insatiable cimetière ;
Qui constitue un monde de cauchemar à part entière ;
Où nuit et jour, viennent s’enterrer éternellement des rêves des milliers de jeunes Africains ;
Qui à chaque levé du soleil ;
Dès qu’ils se lèvent de leur sommeil ;
Qu’ils soient à l’école ; au marché ; aux champs ou aux maquis,
Rêvent devenir des jeunes chanceux américains.




Allons à Miami
Cette ville d’Ebène assise non loin de Californie ;
Où sur les étages ;
Poussent à l’approche de l’hiver nos inépuisables héritages ;
Comme ces belles fleurs de tournesol ;
Qui pendant la saison pluvieuse poussent du sol.
Mais s’il nous faut tant de peine ;
Je pense que ce n’est pas la peine.
De la cité côtière de Madrid, à la destination à Paris ;
Si je décide de prendre mon envole ;
Sans aucune intention de vol ;
Et très loin de moi l’idée du viol ;
Rien que pour réussir sous le soleil ou la pluie, mon pari ;
On me réclame à chaque pas tas de papier ;
Comme si je partais pour piller.
Des grandes cités jusqu’au fond des campagnes ;
Où le soir réunis autour des fraîches bouteilles de champagnes ;
On me traite de tous les mots ;
Comme si j’étais responsable des incurables maux ;
Que connait quotidiennement la ville de Milan ;
Collant ainsi aux dirigeants, des sombres et négatifs bilans ;
À la fin de leurs mandats.
Quand venu la lune de la fin des mandats ;
Et que celle des nouvelles élections s’approche ;
Si je suis pas dans toutes les rues l’objet de toutes les reproches ;
Ou source de l’invincible pauvreté ;
Qui au fil des années ruine leurs vieilles sociétés ;
Je suis donc le responsable à abattre des criminalités ;
Qui à chaque levé du soleil brillant,
Surgit comme un assaillant ;
Pour empoisonner leur agonisante humanité.
Du petit gethos ;
Ou dans les métros ;
Jusqu’à nos lieux de cachette dans des poubelles ;
Des policiers munis des matraques ;
Nerveusement et violemment nous traquent ;
Comme si on était des rebelles ;
Nous réclamant incessamment la carte de résidence ;
Nous permettent de sillonner ces cités ;
Paradis de l’humanité ;
Où sont logés leurs présidences .
Sans oublier ce petit bouquin,
Tranchant comme des dents de requin ;
Compacte comme le mur du Belin ;
Qu’ils ont eu le malin ;
De cacher sous le pseudonyme visa ;
Pour enterrer nos rêves dans les eaux de l’Ampedouza ;
Paperasse qu’ils n’ont pas exigée par ailleurs ;
A mon grand-père tirailleur ;
Dont la vieille sacoche dorée ;
Git dans le musée de l’île de Gorée ;
Et sans lequel je serai rapatrier aujourd’hui ou demain à Ouaga ;
Ma ville natale à la couleur d’arc-en-ciel ;
Logée à l’Ouest des vagues de l’Ampédouza ;
Largement ouvert comme du ciel ;
Où nuit et jour de la ville à la campagne,
Ou sous nos cases aux toits faits de paille ;
On danse joyeusement le ‘’Liwaga’’ ;
Avec nos amis multicolores vacanciers et touristes ;
Sans visa ni passeport à l’ abri de tout risque.

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Bronislaw Raddov · il y a
Il y a du coeur dans vos frappes. De la vie dans vos mots.
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Issouf Sankara · il y a
Bonjour Raddov. Grand merci pour la lecture,le vote et surtout l'appreciation.on Est ensemble.