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Le village

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Florent Derieux

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O vous tous qui cherchez l’anonymat des villes,
Croyant vous libérer de préjugés serviles,
Et gagner, sûrement, un peu plus de métal :
Vous aurez des regrets du village natal.

Vous vous retournerez, avec mélancolie,
Vers son clocher, vers la maison que nul n’oublie,
Berceau de la famille et trésor des aïeux,
Dans les chers souvenirs des premiers ans joyeux !

Ici, la vieille église, en sa forme gothique,
Dont chaque pierre, écho figé de l’âme antique,
Résonne encore et vibre aux mêmes carillons
Qu’elle entendait jadis, à l’heure où nous priions.

La vieille église, au toit d’ardoise, silhouette,
Sur le velum d’azur où chante l’alouette,
Le symbole ancestral de tout espoir qui meurt,
Quand, sur les jours, l’éternité passe en rumeur.

Maison au toit de chaume en zigzag sur les rues ;
Gens qui sont habillés des modes disparues ;
Bruits confus des métiers, gloussements, chants des coqs ;
Sur les pavés disjoints roulements sourds des socs ;

Minutes de silence et frissons de ferraille,
En d’étranges échos que, parfois, le vent raille ;
Une sorte d’effroi s’épand de toute part :
Regret vain du passé, ce nous semble, qui part…

Il part voguer sur plaine en ses vertes prairies,
Ses champs d’orge et de blé, dont les tons se marient
A l’or chaud des colzas, au bleu tendre du lin,
Et s’élance, ex-voto, sur les bras d’un moulin !

C’est l’âme du village en moi qui ressuscite,
Et me l’évoque ainsi, replacé dans son site,
Avec tous ses détails futiles et touchants
Qui nous font tant aimer la liberté des champs !

1905
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