Le vieux renard et les chasseurs

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Je n'ai qu'un cri : des fables, encore des fables  [+]

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Un renard épuisé par les ans et la peur
D’être pris en gibier d’invincibles chasseurs
Voulut trouver quelque repos ;
Le pauvre était près du tombeau...
Il vient trouver les hommes,
Les prie de le laisser sans fusil dans le dos,
Là-bas, dans le vallon, à côté du ruisseau.
Il finirait son temps sans offenser personne.
On l’interroge, on le soupçonne
De complot.
« Je suis vieux, presque mort, rétorque l’animal,
Aurai-je pris sinon le risque prodigieux
De venir rencontrer votre race rivale ?
Regardez-moi, maigre et gâteux :
Quel risque prenez-vous
De me laisser me promener ?
Je traîne, las. Je vais moins vite qu’un poulet,
Je mange peu, je deviens doux... »
Mais on le croit filou.
Il a tant mal agi, le coquin, le butor,
Sus et tant pis pour lui ! – Vraiment, vous avez tort,
Insiste le renard dans un ton suppliant.
J’ai peut-être la gale, étant mal et souffrant...
Le discours change alors :
On lui dit de s’enfuir, lui et sa contagion.
« Pouilleux, lépreux, pesteux, hors d’ici ! » hurle-t-on.
Les jours, les mois, les ans passèrent :
On évitait Renard car « il pourrissait l’air ».
Il finit sa vie très heureux... Ah, mes amis,

Il faut rester soi-même. Et le plus fin stratège
Assez vite a compris
Que Nature quelquefois piège
Mais plus souvent est bonne amie.
Vérité nous protège
Plus sûrement que Fourberie.
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