Le vase d'iris

il y a
2 min
5
lectures
1
Et je danse telle une folle autour du feu de tes yeux, envoûtée par l'abysse, de tes jours malheureux trahis par tes yeux. Je touche dans ton regard tes cicatrices, et il me semble pouvoir palper tes profonds supplices.

Ma folie se dévoile peu à peu à la vue de tes prunelles ardentes, où sans le dire, je perçois chacune de tes douleurs errantes, où je vois se dessiner des points de suture invisibles, dans tes yeux, où larmes de peine et de joie sont miscibles.

Dans tes yeux je vois un livre dans les mains d'un illettré, des livres sans poussière, des poèmes de liberté, l’obscur en pleine lumière. Dans ton regard je vois des rires d’enfant, je peux entendre sans écouter, je peux dire sans parler vraiment, et voir de la laideur emplie de beauté. Dans tes pupilles existent la nuit sans le jour, et parfois le jour sans la nuit, un jamais sans toujours, dans tes iris je suis le prisonnier qui rit. Et dans la beauté de tes cils je lis des livres sans mots, remplis de courage sans la peur, écrits par de ratures sans stylo, formant dans tes yeux des sourires de bonheur.

Quelque fois je regarde dans tes yeux et c’est comme toucher sans les mains, comme des romans où il manque des pages, comme un début sans fin, comme un film sans son avec seules les images. Et je décris tes yeux avec des crayons qui n'écrivent pas, avec un peu d'alcool sans l'ivresse, pour écrire des livres qu'on ne lirait pas, pour traduire des pensées dans des caisses.

La courbe de tes paupières comme des portes sans poignées, renfermant des souvenirs comme j’en cache sous mon lit, j’y vois des arbres et des forêts, j’en écris des rimes et parfois de la poésie.
Sous tes sourcils je trouve ma prison de liberté, alors que tu es la liberté en prison, dans tes yeux je lis une mémoire sans passé, j’y trouve des réponses sans questions.

Ta cornée comme un dessin sans marges roses, j’y vois des fleurs de papier qu'on arrose.

Laisse-moi nommer les constellations du Ciel que je vois de tes yeux, et admirer dans tes pupilles, les couchers de soleil merveilleux.
Et si de tes yeux, je reste l'enfant otage, c'est que dans ton regard, je décèle les orages. Dans le noir humide de ton regard, je me prélasse souvent sans toi, dans la pénombre du soir. Dans le jardin de tes yeux qui pétillent, je suis l'esclave de tes pupilles. J'y vois l'infini des iris, je sens le magnolia, le camélia, les dahlia et les lys. Je goûte l'océan de tes larmes, je me désaltère dans la source de ton charme.
Et il me semble que dans ton regard, maladroit, triste, parfois même hagard, j'ai découvert toute la beauté de l'univers, sous tes paupières. Dans les saisons de ton regard, où il fait souvent trop froid, je perçois la lumière, comme si derrière les nuages, pour sortir de ton enfer, tu avais découvert la lueur. Sous la courbe de tes paupières, me voilà ouverte aux deux hémisphères.

Et si de ta rétine vient mon inspiration, sans même un mot, tes yeux sont capables de me faire la conversation. Car le battement de tes cils est en accord avec ceux de mon cœur, ton regard reste le porte-parole de ton cœur, ton regard est le traître de tes humeurs, et dans le cinéma de ton regard, je perçois tes vieux malheurs.

Et même dans ton regard, je vois ton passé caché, et je t'offre des bouquets d'étoiles que dans ton cristallin j'ai volé.

Et sous tes sourcils j'entends le son de ton silence, entre une place dans ton regard ou être au paradis, maman, quelle est la différence ?
1
1

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,