1
min

Le spleen de l'éconduit

Image de Romain Bellail

Romain Bellail

86 lectures

14

Le grésil et l’anthracite se mêlent dans mon regard
Mon sourire périclite dans ton retard
Sur le grill de la fringale
Qui saisit les paupières tombales
À en perdre leurs cils
Les yeux qui pleurent sont éboulés

Ton masque à rat qui coule
Ronge le navire navrant qui brave tes vents
Et pose des scellés raz mon désir
À l’ouverture de la criée
La sirène n’est pas descendue du chalutier

Comment te rachèterai-je ?
En brisant la serrure de cette feuille vierge sur laquelle je m’allège
Et qui attendait la dorure de la verve qui suture
Ce poème est un cierge qui consume mon église
Et j’y vois sombrer le chœur dans la fêlure

Car dans chaque espoir qui tombe à l’eau croupie
Je resterai toujours le crapaud
Qui règne sur l’abattoir des abats d’eau
Et le badaud s’épuisant dans ton roulis !
14

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Sylvie Franceus
Sylvie Franceus · il y a
Les paupières tombales font des sépultures ophtalmiques superbes et le masque à rat rongeur grignote la couleur supposée et liquide et les scellés raz votre désir cloture votre littoral gourmand et l'eau croupie est accroupie sur le quai cruel et votre poésie est un chef d'œuvre. Exactement.
Merci encore

·
Image de Romain Bellail
Romain Bellail · il y a
Bien le merci Lafée et je vous fais une belle courbette devant ce beau compliment...et j'en tombe à la renverse en galipette.
·
Image de Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Des images qui mettent vraiment sur le gril, pauvre éconduit, il appelle la consolation, vous faites ressentir directement son malheur ! Ma préférence va à la strophe 2, « le masque à rat qui coule » , « pose des scellés raz mon désir », joli !
·
Image de Romain Bellail
Romain Bellail · il y a
Merci Fred :-) de vous être attardée sur ce poème hors compétition...mal aimé...comme ce pauvre éconduit. J'ai pris plaisir à l'écrire et c'est ce qui compte :-)
·
Image de Geny Montel
Geny Montel · il y a
Là vous faites fort Rombel !
·
Image de Françoise Grand'Homme
Françoise Grand'Homme · il y a
Une vague de jeu de mots, une vague mélancolique.
J'ai failli voir la Pointe du Raz, la criée de Poulgoazec ;) et une chapelle sur la falaise. ;)

·
Image de Romain Bellail
Romain Bellail · il y a
Merci Gouelan. J'adore travailler sur le thème de l'eau, entre autres, et je suis sûr que les lieux que vous évoquez seraient une bonne source d'inspiration pour moi.
·
Image de Flore
Flore · il y a
C'est beau, tout en jeux de mots, en finesses, et cette déception latente prend toute sa force et son désespoir dans le dernier quatrain,
·
Image de Romain Bellail
Romain Bellail · il y a
Merci Flore :-) Au royaume de la tourbe, le crapaud est roi.
·
Image de Patricia Burny-Deleau
Patricia Burny-Deleau · il y a
De jolis jeux de mots pour exprimer la déception !
·
Image de Romain Bellail
Romain Bellail · il y a
Merci Patricia. Quand la déception se transforme en poésie alors tout n'est pas perdu :-)
·
Image de Jean Nascien
Jean Nascien · il y a
"La sirène n'est pas descendue du chalutier". A lui seul ce vers vaut bien des textes qu'on peut lire ici.
·
Image de Romain Bellail
Romain Bellail · il y a
Merci Jean !
Je viens à l'instant de votre page. Bientôt de nouveaux poèmes ?

·
Image de Jeanne
Jeanne · il y a
Et de nouveau Rombel fait des ronds dans l’eau, des Jeux de mots, jeu de mains, jeu d’écrivain, et coule le mascara, rat musqué scélérat et le radeau prend l’eau et la peine capitale. Et le crapaud prince charmant, enchanté, désenchanté attend que sa sirène vienne lui poser un baiser pour le réveiller mais la belle qui s’est attardée en chemin, se fait quelque peu désirer. Damned ! Lui aurait-elle posé un lapin… ni une ni deux, il invoque les dieux, forme des vœux, brûle un cierge, entretient le feu sacré, sacrifié sur l’autel de la passion, au final se consume de l’intérieur. Et le bateau rongé tangue au gré du roulis des rouleaux, l’éconduit du canal lacrymal n’en finissent pas de couler, A1, C2, D3 touché, coulé. Dans la trame du drame qui se joue, qui se noue, sur la pointe des pieds pointe l’humour, suinte l’amour et vice versa. Et l’auteur nous éblouit de tout son talent de conteur, étonnant, déroutant par tant d’imagination.
·
Image de Romain Bellail
Romain Bellail · il y a
Toujours un plaisir de vous lire tant vos critiques littéraires "font mouche".
·
Image de Jeanne
Jeanne · il y a
Et vous m'en voyez ravie tant qu'elles ne font chou blanc, ne sont qu'un coup d'épée dans l'eau. Vous avez dit Éconduit...
et conduisez-nous vers toujours plus de voyages, au pays des mots, des rêves fous qui s'accrochent au bord des nuages.

·
Image de Romain Bellail
Romain Bellail · il y a
Vous comprenez tout ce que vous lisez Jeanne et c'est une très grande qualité. Vous percez l'âme des gens.
·
Image de Jeanne
Jeanne · il y a
Comprendre le langage des fleurs et la langue des oiseaux et d'un regard perçant tel un chat persan à percer les secrets, le secret des mots, des images, transpercer les cœurs et les âmes des gens.... gentils hommes et gentes dames et vice versa et vice versant. ;-)
·
Image de Marine Azur
Marine Azur · il y a
Très beau poème !!! Merci à vous de l' avoir partagé ! belle journée Rombel
·
Image de Philippe Barbier