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Le rêve

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Duje

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Le marchand de sable est passé.
Morphée a embrassé la journée exténuée.
Dans un écrin de soie laiteuse,
Elle est presque ronde, la lune gibbeuse !

Elle arrive à l'apogée de son striptease,
Juste avant de tomber l'ultime lambeau de sa sombre chemise.
Sa lueur capiteuse qui tombe des nues de la nuit
Imbibe d'ivresse mon fol esprit.

Sens dessus dessous, inconscient, pêle-mêle,
Je me suis dissous, éthéré dans l'impalpable irréel,
Atome de grain de sable dans le désert de l'infini
Ou, encore, souffle d'une âme à laquelle rien n'est interdit.

J'aime l'enveloppe pétillante et calme des ténèbres de la nuit,
Elle gomme les lueurs brutales du jour qui luit.
C'est dans la molle et douce obscurité d'une paupière close
Qu'un rêve bannit tout réalisme dans une poétique hypnose.

C'est ainsi que, lorsqu'elle est ronde et belle,
Du royaume de la nuit, j'enlève la reine
Et, dans sa poussière de lumière, avec elle,
Je me baigne dans le miroir d'une rivière sereine.

Sans filet, dans la large et profonde nuit,
Je m'enfonce pour une chasse aux papillons
Que je cueille comme de fragiles fruits
Sans jamais, ni atteindre, ni éteindre leur lumignon.

Ostentatoires, elles étalent leurs pépites.
Ainsi kleptomane avide, je deviens vite
Pour en faire un collier de perles cosmiques
A l'adresse de la gorge d'une fée lubrique.

Les ténèbres de ma nuit se sont enfuies,
Chassées par l'aube qui ranime les bruits.
Encore un nouveau jour terre-à-terre
Qui me ramène aux réalités délétères !

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