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LE POÈTE A SA MUSE (Réponse à la Muse à son tour meurtrie)

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Lucie Sedraine

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Le Poète

T'en souviens-tu ma Muse en cette nuit de Mai ?
Ta beauté sans pareil, Poète, tu implorais
Dans ta désespérance évoquant le baiser,
Qu'au toucher de ton aile aussitôt lui donnais !

La Muse

Je te revois encor de souffrance tout blanc
Prêt à mourir d'amour, tu voyais des fantômes
Ton cœur dans un abîme tu étais tout enfant
Ma présence t'aidait, à devenir un homme.

Le Poète

Aujourd'hui en mon cœur ton cri d'espoir résonne
A mon tour je surprends le hâve de tes joues
Tu te tournes vers Dieu, ta prière claironne
Mon Luth l'a entendue. Que veux-tu que je joue ?

La Muse

Le Poète n'est plus ! La Lyre a disparu
Il n'y a plus d'amants ! L'Immortelle nature
A des parfums d'encens ! Les cœurs sont corrompus
Le Machiavélisme guide les immatures

Dans leurs veines cuisent des ciguës angéliques
Dans les sombres halliers se terrent les tueurs
Et des groupes armés, aux desseins diaboliques
S'abattent sur le peuple et sèment la terreur.

Sous ma fenêtre close ont disparu l'aubade
Poètes amoureux, jeunes filles jadis
Et les lys blancs devant le couple en rut, rougissent.
Les cœurs artifices ne battent plus chamade.

L'amour n'est plus l'Amour ! Suis-je un spectre insatiable ?
Une succube chenue tourmentant ton cœur ?
J'espère ton baiser, Poète charitable
Car sans lui j'ai peur et subodore un malheur !

Le Poète

Cacophonie cassant toute corde à ma lyre
Plus tard l'ai remplacée par cette viole à gambe
Mes yeux ont tant pleuré ! M'a fallu moult collyres
Et onguents pour mon cœur. Je reste encore ingambe.

J'entends ton désarroi, car poète n'est plus
Comment lui insuffler ton immortalité ?
Tu erres sur Terre, dans ce monde inconnu
Tu le cherches partout ! Triste réalité.

Tu ne le trouves plus ! Son cœur est pris ailleurs
Dans la roue infernale il nomme ainsi la vie
Mélodie de mon luth calmera ta douleur
Retourne dans les cieux, atterrir est folie

En souvenir de Mai, lors tu m'as arraché
Le tourment de mon cœur, je t'offre ce baiser
Et la perle de sang à ta lèvre fixée
En paix je la goutte, fixant l'éternité.

La Muse

Ô Poète merci, cette lèvre chérie
Réveille en moi la vie, j'étais désespérée
La Poésie renaît Ô mon Frère et ami !
Ô Alfred de Musset, mon poète adoré !

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Pascal Depresle · il y a
Un dialogue surréaliste et magnifique entre le poète et l'objet de son tourment.
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Lucie Sedraine · il y a
Merci pour votre avis si agréable à lire, apprécié par un seul commentaire, et donc montrant que les poètes sont rares !
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Image de Pascal Depresle
Pascal Depresle · il y a
Peut-être un manque de visibilité Lucie, hélas il faut se faire un petit réseau d'amis au départ. Parce que votre texte est bon. Si le cœur vous en dit, passez sur ma page, peut-être y trouverez-vous des œuvres à votre goût et des contacts potentiels avec qui échanger.
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