Le paria

il y a
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Je suis le figurant,
l'être surnuméraire,
que vos chaussures frôlent
sans que vos yeux le voient.
Je suis le sans-abri
sous vos porches blotti,
que la peur tétanise et le froid pétrifie.

Je suis l'infréquentable,
le rebut, le déchet,
dont on ne sait plus trop
si un jour il fut homme.
Je suis l'odeur fétide
à vos chastes narines,
la chair décatie harassée par l'alcool.

Je suis la main tendue
dont les doigts se referment
sur le triste néant
de vos cœurs desséchés.
Je suis l'esprit vaincu
par les heures d'attente,
spectateur silencieux de vos vies de nantis.

Traitez-moi comme un chien,
quoique proche de la bête,
il n'en demeure pas moins
qu'autrefois, comme vous,
j'avançais fier et droit,
confiant dans l'avenir,
des rêves plein la tête
et le regard brillant.
Il a suffi d'un rien
pour que ma vie bascule.
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JFG Sanshiro · il y a
Superbe, émouvant et puissant
Bravo, j’aime beaucoup votre écriture.
Si le cœur vous en dit, un petit tour sur ma modeste page me ravirait.

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Sidonie Larue · il y a
Beau poème ! Evocation sensible des êtres cassés par la vie et que l'on oublie ou que l'on ne voit pas...
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Jennifer Marquié · il y a
Certains êtres démunis m’ont crevé le cœur à les voir enfermés dans leur précarité absolue. J’ai souhaité leur rendre hommage à ma façon.
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Patrick Liaudet · il y a
Bravo Jennifer pour ce poème plein d'humanité.
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Jennifer Marquié · il y a
Merci Patrick