Le long de l'avenue ...

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Le long de l’avenue...


Le long de l’avenue qui s’en va de la ville
Emergent des trottoirs d’étranges créatures,
Impressionnante histoire, contre toute nature.

Parfois dégingandées, obèses quelques fois,
Elles offrent aux vents leurs longs bras,
Décharnés et sans doigts.

A la place des mains, d’énormes boursouflures
Inquiètent le passant, qui force son allure
A son corps défendant et fait grise figure.

La peau du corps est ici lisse, écaillée là,
Bicolore, tachée par les saisons et par le froid.
Elle souffre en silence de multiples blessures.

D’horribles cicatrices, cadeaux de tronçonneuses
Surgies un beau matin, suspendues à des cordes,
Apeurent le regard des pâles promeneurs.

De ceux qui osent voir et qui lèvent les yeux
Et aussitôt baissent la tête, le nez à leurs chaussures,
Honteux de n’avoir pas dénoncé ces tortures.

Quand vient le soir, surtout ;
Qu’il faut rendre le jour aux pauvres réverbères
Et que ces vils moignons brandissent leur colère dans d’hésitants halos.

Le long de l’avenue qui descend vers la nuit,
D’étranges créatures rêvent de recevoir, aux matins de ces deuils,
Au sortir des hivers, un peu de vert feuillu,

Appelé à frémir le long de souples tiges, fragiles mais têtues.
C’est pour demain, platanes impatients.
Si je n’en parle pas, personne ne saura.


Pinchins, le 9 avril , publié le 10.04.2018
Claude d’Aix
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