Le Lac 2.0

il y a
1 min
34
lectures
35 voix
En compétition

Short Bio : né oui, mort pas encore  [+]

Image de 2020

Thème

Image de Poèmes
Ainsi encore attiré par ces beaux rivages,
Pour tenter de fuir les dures nuits de mes jours
Et oublier de la vie les morbides miasmes,
Rester ici toujours ;

Ô Lac de Monteynard, tes eaux ont des mystères,
Tes forêts de sapins et tes falaises sombres,
Sont pour moi, aujourd’hui comme au premier jour vierges,
Amoureux de leurs ombres !

Naguère j’ai vu sur tes eaux bleues si profondes
Des divinités offrir leurs beaux corps sacrés
Aux vents qui soulèvent l’écume de tes ondes
Sur les amants comblés ;

Nous régations en Hobie, – belles performances ! –,
Attentifs aux claquements très secs des espars
Et aux mouvements harmonieux des voiles blanches :
Bonheur fou ici-bas !

Toujours, ces berges dans une nature vierge,
Ce miroir lumineux toujours renouvelé,
Le murmure des clapotements sur la grève :
Traces d’éternité !

« Le temps est assassin, me fredonne une fille
Qui, distraite, regarde
Le soleil suspendu sur le Mont Aiguille
Jouer avec les vagues ;

« Et bien heureux celui qui veut le retenir
Pour poursuivre le rêve
D’un passé où le bonheur permet de bannir
Les soucis délétères ;

« Tu pleures car tout nous échappe et tout nous fuit :
Pas de retour arrière,
Le temps retrouvé n’est qu’illusion d’une nuit,
Bonheur, une prière !

« Ah !, aimons-nous, n’écoutons pas nos pauvres cœurs :
Sur ce vieux voilier frêle
Oublions dans ce si magnifique Triève
Nos démons et nos peurs. »

Eh quoi !, les baignades dans l’eau claire des criques,
Les jours sur les plages sauvages au soleil,
Les longs bords tirés sur des Quatre-vingt mythiques,
Je n’en fais pas le deuil :

Ce passé n’est pas pour moi un souvenir triste :
Skysurfs crazy ont coulé Quatr’sept et Vaurien,
Sur les routes tout s’effondre sous les touristes,
Mais ce lac reste mien !

L’écrin a été épargné par les travaux
Nécessaires aux œuvres de l’homme impatient :
Routes, immeubles, maisons centres commerciaux
N’ont pas brisé le temps.

On a chanté, naguère, le temps des cerises,
Nous ne chanterons pas celui des pollutions,
Nous poursuivons nos chimères de crise en crises,
Repoussons nos démons !

Ailleurs, sur la mer, les montagnes... l’inhumain
– Jeux du cirque, rock et techno-musique dure,
Toute l’offre des distractions pour les urbains –,
A détruit la nature ;

Mais la beauté du Monteynard et ses forêts
N’ont rien perdu pour moi de leur beauté magique :
Malgré le temps écoulé, j’ai pour lui gardé
Un amour magnétique.

En compétition

35 voix

Un petit mot pour l'auteur ? 5 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Zouzou
Zouzou · il y a
un paysage pour les romantiques !
Image de De margotin
De margotin · il y a
Très bel hymne! Mes voix
Image de M. Iraje
M. Iraje · il y a
Un hymne à la nature sur un temps ... suspendu.
Image de Ginette Flora Amouma
Ginette Flora Amouma · il y a
Certes, Le lac de Lamartine n'est plus ce qu'il était mais les neiges restent éternelles.
Image de Keith Simmonds
Keith Simmonds · il y a
Quelle déclaration d'amour pour cette magnifique Isère ! Mon soutien ! Une invitation à venir vous dépayser dans mon “Dépaysement au Royaume des Animaux” qui est également en compétition pour le Prix Short Paysages – Isère 2020. Merci d’avance !
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/depaysement-au-royaume-des-animaux