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Lauréat
Sélection Jury

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Pourquoi on a aimé ?

Beaucoup de douceur, de nostalgie et de mélancolie parcourent ce poème du début à la fin. Le souvenir de l'être aimé est intimement lié au lieu...

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Ce matin-là d’été, la route m’avait prise
Dans la fraîcheur salée, direction la méprise
De cette maison d’antan qui glaçait les ardeurs
De l’enfant que je fus, timorée par l’horreur
L’asphalte déroulait sa langue de vipère
Chaque virage chaque pierre chevillait à mon corps
Des relents des regrets couturés épinglés
Aux mailles des barbelés que vous aviez tissés

Au fond de mon désarroi, j’entends encore la voix
Menue et fissurée de ma tendre mémé

J’aurai beaucoup moins chaud peut-être
Sous la tonnelle près des fraisiers
J’aurai beaucoup moins chaud peut-être
Moins chaud peut-être près des fraisiers

Je me surprenais là, moi qui fis cette promesse
Croix de bois croix de fer d’effacer ma détresse
D’arborer un sourire comme un parfait onguent
Sur une mer en furie qui renie ses enfants
Fragile fétu de paille qui ploie dans la tourmente
Je pris le gouvernail de mes mains qui cimentent
Je n’avais plus le choix, il fallait que j’y aille
Que je retrouve enfin le berceau de mes failles

Au fond de mon cœur blessé, je l’entends murmurer
Ma grand-mère indolente qui savait me bercer

J’aurai beaucoup moins chaud peut-être
Sous la tonnelle près des fraisiers
J’aurai beaucoup moins chaud peut-être
Moins chaud peut-être près des fraisiers

Quand je suis arrivée à la tombée du jour
La grille était rouillée, elle battait ses atours
Le vent échevelait la puissante glycine
Les érables violets et les roses british
J’ai senti mes genoux qui s’écorchaient aux pierres
J’ai senti la morsure d’une gifle à l’ancienne
J’ai entendu claquer la porte de la cave
Et le verre a laissé sur ma peau des entailles

Au plus profond de moi, grand-mère est toujours là
Elle chante sans s’arrêter et je peux avancer

J’aurai beaucoup moins chaud peut-être
Sous la tonnelle près des fraisiers
J’aurai beaucoup moins chaud peut-être
Moins chaud peut-être près des fraisiers

Au moment où mes pieds crochaient un demi-tour
Une rose m’a frôlée, elle m’a percée à jour
Son parfum envoûtant m’a fait tourner la tête
Au-dessus du jardin sifflait une alouette
J’ai cueilli un bouquet de ces œillets poètes
Et j’ai glissé leurs tiges dans une vasque de terre
Tout près de la fontaine où se baignent les oiseaux
Un battement de leurs ailes a chassé mes corbeaux

Et je suis restée là, en paix dans ce jardin
Je chantais à deux voix libre de mon destin

Si tu es partie ô grand-mère
Ma musaraigne aux doigts de fée
Je ferme la porte du domaine
Mais je te garde à mes côtés

PRIX

Image de Été 2019
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Gina Bernier · il y a
Trop beau ce poème! ce retour en arrière par cette visite impromptue, et des souvenirs pleins qui remontent à la surface, jamais tout a fait oubliés, les émotions toujours intactes , aussi loin que mémé puisse être, sa présence se fait ressentir, elle est là...Et a laissé une emprunte indélébile dans les souvenirs d'enfance...et dans son jardin. J'arrive trop tard pour voter.
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Véronique Pédréro · il y a
Mais peut-être, si vous avez aimé ce texte, pourrez-vous lui mettre 1 coeur. Ce texte est 1 chanson. Si envie, je pourrais vous la fredonner via les ondes virtuelles, hors forum. Dites-moi, Gina.
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Gina Bernier · il y a
Véronique Pédréro, je ne suis pas douée en informatique, c'est quelqu'un que vous connaissez qui nous avait donnée quelques leçons au SPF.... J'irai vous écouter, et aussi avec l'association Partage peut être y serez-vous?
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Véronique Pédréro · il y a
Gina,
En effet, nous sommes sur le même secteur.
Côté "Partage", je ne participe que ponctuellement mais le monde est petit et donc nous devrions nous croiser dans la vraie vie.

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Elizabeth Pierre · il y a
On a tous des souvenirs de grand-mère et de grand-père qu’on appelait affectueusement « pépé et mémé ». Mon pépé aimait Mireille Mathieu quand elle chantait « quand Paris se met en colère ». Nostalgique et tendre. Merci Véronique
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Véronique Pédréro · il y a
Chez me too, Édith, Mireille Mathieu et le rouge incendie, c'était au programme.
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Véronique Pédréro · il y a
En effet, c'est assez juste. Je suis pas mal dans ces questionnements-là en ce moment...
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Albane Charieau · il y a
le retour en arrière n'est pas toujours facile mais nécessaire parfois, juste histoire de mettre un terme à nos souffrances et nos questions.
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Laurence Delsaux · il y a
C'est entre traumatisme et instants de bonheur ou alors, je me suis trompée de chemin? Les images sont belles, il y a des ellipses et du mystère qui s'y engouffre. Lecture personnelle bien sûr..
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Véronique Pédréro · il y a
Mod,
"Souvenirs", peut-être que oui, peut-être que non. "Heureux"? C'est entre les lignes que se disent les choses.

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Mod GUY · il y a
Souvenirs heureux... C’est beau et bien rythmé. Félicitations !
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Véronique Pédréro · il y a
Bonjour Fleur,
Rien ne sert de sourire. Les mots demeurent.
J'ai plein d'autres poèmes, chansons ou nouvelles sur mon espace. Allez lire, à l'occasion.

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Fleur A. · il y a
je viens seulement de découvrir votre poème, bravo .
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Sylvie Neveu · il y a
Bravo Véronique

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