1
min

Le jardin d'enfant

28 lectures

3

Son corps nu, les tripes asséchées
Les mirages ne font de la peine qu'une fois dévêtus
Ses lèvres souillées, encore dégoulinantes d'anciens breuvages
L'odeur tiède se ternit dans une détresse improvisée

Sa peau terne et froide, du matin à l'hiver
Le gouffre encore l'emporte dans de nouvelles noyades
Sentir la poitrine douce d'une mère, fuir les rancunes mortes
Les paupières tombent lorsqu'elle s'éveille à terre

Un bain de mépris dans les paumes de l'averse
Tant de force dans un regard vidé d'esprit
Les bourrasques traversent son âme contre l'amorce
Son soulèvement résiste grâce à d'invisibles herses

Les pointes tranchantes plantées, son être s'asservit
Cette ignoble muraille illusoire ferme l'entrée
Aux réflexions bannies et déformées par l'atroce regard
C'est l'odieuse perception décadente de ce qu'elle vit

Lors d'une aube bohème, elle se tordit dans un ciel sans fissure
Face aux constructions mentales, elle répondit impassible et blême
Sa chevelure contre les murs de l'immeuble sale
Et le goût du brouillard sur sa langue impure

Les plafonds du monde se coloraient en quelques instants
Et ses rêveries défendues disparaissaient vagabondes
Multiples nuances fugitives passant sur son visage pendu
L'astre se réveillait pour lui offrir ses rayons les plus attristants

Les portes s'ouvrirent enfin pour trahir le plus puissant mensonge
Déjà elle était une autre créature aux délices sans fin
L'immonde enfant résolu plonge au-delà de l'eau glacé
Et s'évanouirent par les craquelures du supplice les tristes songes

Langoureusement pensive comme on écrase un insecte rampant
Il se détachait d'elle cette idée obsessive
Ses formes s'illuminaient, son départ était consumé
Elle tuait sa douleur dans un soupir blessant
3

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,