Le gros bœuf

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Je n'ai qu'un cri : des fables, encore des fables  [+]

Un bœuf exceptionnel, lourd comme dix armoires,
Fort comme un éléphant, piètre ouvrier des champs
Pourtant,
Bâillait dès le matin, continuait jusqu'au soir
En été, en automne, en hiver, au printemps.
Que faisait-il ? Rien de concret.
Que dis-je : il humait l'air et parfois il dormait.
Il ronflait même assez, faisant trembler l'étable !
Ce bovin formidable
Racontait être né inapte à tout effort.
« C'est vraie pitié, déclarait-il,
D'être bâti si fort
Et de toujours souffrir quelque part dans son corps :
A la tête, au jarret, voire au talon d'Achille...
Dans mes labeurs, pas un qui vaille !
Sitôt qu'il faut sortir dehors
J'ai des vertiges, je défaille ;
Hier matin, j'étais presque mort !
Ma force herculéenne, telle la fumée,
S'évapore sitôt que je suis harnaché... »

Ainsi parlent les paresseux
Prompts à se dire malchanceux.
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