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Le Grand Cerf et le Veneur

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Un cerf, allure noble, sous bois trottine.
Le port majestueux, la forme élégante,
Il fût nommé Dix-Cors, pour sa tête fine
Ornée d’une ramure impressionnante.

Le jour de chasse, le maître d’équipage,
Sur les rapports fournis par ses valets limiers,
Décide d’engager l’attaque, sans jambage,
À l’endroit cité des plus récentes brisées.

Grand Veneur, meute, remplissent leur office,
Traquent le Grand Cerf à l'allure caprice.
Fort habile en défense, recourt l’allant,
Et l’hourvari, pour égarer ses poursuivants.

Mené à cors et à cris jusqu'au débuché
Sous la pression du piqueux. Estortoire en main,
Le Veneur, à hue et à dia, passe bon train
De taillis en futaies, aux guérets défrichées.

Quand le laisser-courre touche à sa fin, Dix-Cors
La queue agitée d’un tremblement continu,
Donne l’indice de sa détresse. Dès lors,
La pauvre bête se couche un instant, rompu,

Quand les chiens l’abordent, galope de nouveau.
Épuisé, les pattes raidies, rendu goussaut,
Le Grand Cerf Dix-Cors, se redresse fièrement
Demeure tranquille, face aux dents des courants..

Résonne l’hallali sur pied, puis par terre.
Un chien plus audacieux, au bas-flanc, le mord-il ?
Dix-Cors fond tête baissée sur l'adversaire,
Distribue coups de corne, ruades, subtils.
.
Protégeant sa meute, le Veneur, houseaux bas,
Reçu de plein fouet, l’estoc du Cerf aux abois.
Quelque peu estourbi, le gaillard robuste,
S'acharna sur Dix Cors déchiré au buste.

Un coup de dague au jarret, le suivant au cœur
Le Grand Cerf meurt sur le champ, hautain, glorieux.
Vint enfin la curée, menée par le piqueux.
Le cadavre dépecé aux chiens, crieurs.

Se chargeant des têtes et nappe, le Veneur
Entendit une voix dire ceci : « Chasseur !
Par ta main un instant, valeureux, tu fus roi,
Je te laisse à jamais, la trace de mes bois ».





À risquer joie sereine
Par la souffrance d’autrui,
Exprime en soi, l'infini
De la bêtise humaine.
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Image de Alphonse Dumoulin
Alphonse Dumoulin · il y a
J'ai apprécié le récit. La forme et le style également. Je suis d'autant plus désolé de le dire : le cerf est sans doute l'un des plus moches cervidés à hanter nos bois et nos forêts.
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Image de Patrick Gibon
Patrick Gibon · il y a
bien vu! que nombre de cerf veau lent n'apprécieront pas, dommage!
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